03 avril 2015

QUE LISAIT-ON DANS LA PRESSE AU SUJET DE GUERNICA EN 1937 ?

QUE LISAIT-ON DANS LA PRESSE AU SUJET DE GUERNICA EN 1937 ?

 

Place du bombardement de Guernica dans la presse

     PLAN DU DOCUMENT

     - 1 - Principaux journaux quotidiens français à l'époque de la Guerre civile espagnole (18 juillet 1936-1er avril 1939)

 

      -2 - Comment les contemporains des bombardements de Guernica ont-ils été informés par la presse ?

 

     CONCLUSION

LIEN VERS LE FICHIER pdf 


21 mars 2015

GUERNICA (26 avril 1937)

Que s’est-il passé à Guernica ?

Pourquoi Guernica ?

Guernica, l'œuvre de Picasso

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Guernica_26_avril_1937

Photo du bombardement de Guernica

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28 septembre 2014

DÉCOLONISATION DES PAYS AFRICAINS DANS LES ANNÉES 1950 à 1960

DÉCOLONISATION DES PAYS AFRICAINS DANS LES ANNÉES 1950 à 1960

- Le Soudan anglo-égyptien : Le Soudan fut conquis par l'Égypte dans les années 1820-1821.  À partir de 1881, il fut en proie à l'agitation déclenchée par le Mahdi qui devint maître de tout le pays de 1885 à 1898. Un condominium anglo-égyptien fut établi par la convention du 19 janvier 1899. En octobre 1951, le roi d'Égypte Farouk  1er abrogea unilatéralement les conventions passées avec les Anglais et se proclama roi du Soudan. Après le coup d'État de 1952, l'Égypte  a reconnu au Soudan le droit à l'autodétermination. Le Soudan devient indépendant en 1956

- Le Ghana : Cet état d'Afrique occidentale est constitué par l'ancienne colonie britannique de la Côte-de-l'Or et par l'ancien Togo britannique avec pour capitale Accra. Rattachée administrativement à la Sierra Leone en 1844, la Côte-de-l'Or  devint colonie de la couronne en 1874. Une partie de l'ancien Togo allemand confié à la tutelle britannique en 1919 par la S.D.N. passa sous l'administration de la colonie en 1922. À la suite d'un plébiscite, le Togo britannique fut intégré à la Côte-de-l'Or le 13 décembre 1956. Le 6 mars 1957, le Premier ministre Nkumah fit reconnaître l'indépendance de son pays sous le nom de Ghana.

- La Guinée, était un État d'Afrique Occidentale Française dont la capitale est Conakry. Le pays constituait avec le Sénégal le "Protectorat des Rivière du Sud". Il devint en 1893, la colonie de la Guinée française. Celle-ci fut englobée dans le gouvernement général de l'AOF. Territoire d'outre-mer en 1946, la Guinée fut la seule possession française à demander son indépendance immédiate lors du référendum du 28 septembre 1958.

L'année 1960 est marquée par l'accession à l'indépendance de la plupart des autres colonies françaises d'AOF et AEF, suite au référendum de novembre 1958. 

le Cameroun, ancienne colonie allemande partagée en 1918 entre la France et le Royaume-Uni obtient son indépendance 1er janvier 1960 sous le nom de République unie du Cameroun (capitale : Yaoundé).

- le Togo (capitale : Lomé) fut conquis sur les Allemands par les Franco-anglais  le 26 août 1914. Il fut divisé en 1922 sous l'égide de la S.D.N. (Société Des Nations), en deux mandats, français et anglais, qui furent placés sous la tutelle des Nations Unies en 1946. Proclamé République autonome du Togo au sein de l'Union française en 1956, il devient à son tour indépendant le 27 avril 1960.

- L'Angleterre et la France se disputaient, tout au long du XVIIIe siècle, la possession du Sénégal. La colonie fut restituée à la France en 1814, qui n'en repris possession qu'en 1817. En 1904, la Dakar devient la capitale de l'AOF. À la suite du référendum du 28 septembre 1958, le Sénégal  devient une République autonome au sein de la Communauté française (25 novembre 1958). Le 20 juin 1960, le Sénégal se réunit avec le Soudan français, pour former la Fédération du Mali. Dès le 20 août, le Sénégal (capitale Dakar) quitte cette Fédération, puis le 22 septembre, le Soudan (capitale Bamako) prend le nom de Mali (ancien royaume africain).

La colonie du Soudan français avait été créé en 1891 avec pour capitale Kayes qui fut transféré en 1899 à Bamako. En 1895, elle est intégrée à l'AOF. En 1904, elle est réunie à la colonie du Haut Sénégal et du Niger. Le démembrement de cette colonie en 1920 donne naissance au Burkina-Faso. Le Soudan français reprend son nom avec pour capitale Bamako.

- Le Congo Belge fut une possession personnelle du roi des Belges Léopold II, depuis la conférence internationale de Berlin en 1885 (capitale Boma). L'effort de colonisation dépassant rapidement les ressources personnelles du roi, ce dernier sollicita des emprunts auprès du Parlement belge. Toutes les terres vacantes furent déclarées propriété de l'État. La domination sur le pays se faisait de plus en plus dure, les indigènes furent soumis à des corvées excessives. Ces traitements inhumains furent dénoncés en 1904 par le consul anglais. Ce n'est seulement qu'en mars 1908 que le Parlement accepta le transfert du Congo à la Belgique que le roi avait lui avait accordé la faculté d'annexer dès 1901. À la suite de l'indépendance des anciennes colonies françaises au sein de la Communauté (1958), de graves émeutes  se produisirent. De nombreux partis politiques noirs se constituèrent.  L'indépendance du Congo fut officiellement proclamée par le roi Baudouin Ier, le 30 juin 1960. La capitale de la République démocratique du Congo Léopoldville (depuis 1926) prendra le nom de Kinshasa en 1966. Cependant, le nouveau pays reste  miné par la violence et les luttes intestines, dont celle qui mènera à la sécession de la province du Katanga.

- le 1er juillet 1960, est marqué par la fusion de la colonie italienne Somalia  et de la colonie britannique Somaliland sous l'appellation de République de Somalie.

- Le Dahomey, colonie française incluse dans l'AOF en 1899, devint un territoire d'outre-mer en 1946. Il fut un État membre de la Communauté française (décembre 1958) et acquit son indépendance totale le 1er août 1960 avec pour capitale Porto Novo. Le Dahomey a pris le nom de Bénin en 1975.

- Colonisé par la France en 1900, le Niger (capitale Niamey) devint un territoire militaire. En 1922, il fut érigé en colonie au sein de l'AOF, puis territoire d'outre-mer en 1946. Le Niger fut intégré à la Communauté française suite au référendum de 1958. Le 3 août 1960, le Premier ministre, Diori Hamani, proclama l'indépendance complète du pays, tout en conservant des liens étroits avec la France.

- La colonie française de Haute-Volta fut créée en 1919 avec une partie de la colonie du Haut-Sénégal-Niger, elle-même créée en 1904. Elle est supprimée en en 1932 et partagée avec les colonies françaises voisines. Elle est reconstituée en 1947. Elle devient une République autonome à l'intérieur de la Communauté le 11 décembre 1958. Après avoir rompu avec cette dernière en juin 1960, elle devient entièrement indépendante le 5 août 1960. La Haute-Volta prend le nom de Burkina Faso en 1984, avec pour capitale Ouagadougou. C'est un des 10 pays les moins développés du Monde.

- La colonie de la Côte d'Ivoire a été créée en 1893, mais ne fut pacifiée qu'après 1898. Elle englobée dans le gouvernement général de l'AOF en 1899. La Haute-Volta en fut détachée en 1932 pour constituer une colonie séparée. Elle est devenue territoire de l'Union française en 1946 et a accédé à l'autonomie, au sein de la Communauté française en décembre 1958. Elle est devenue indépendante le 7 août 1960, avec pour président Félix Houphouët-Boigny. Sa capitale Abidjan a été transférée à Yamoussoukro en 1997.

- Le 11 août 1960, le Tchad, une colonie très pauvre de l'ancienne AEF (Afrique Équatoriale Française) devient indépendant (capitale : Fort-Lamy, aujourd'hui N'Djamena). Son premier président est un Sara chrétien du Sud : l'instituteur François Tombal Baye. Son assassinat en 1975 débouche sur la mainmise des nomades musulmans du nord sur le pouvoir.

- Après l'incident de Fachoda, l'Angleterre laissa à la France le bassin de l'Oubangui par l'accord franco-anglais de mars 1899. L'Oubangui-Chari devient colonie  en 1910 dans l'AEF (Afrique Équatoriale Française). En 1958, l'Oubangui-Chari devint république autonome au sein de la Communauté française et prend le nom de République-centrafricaine avec Bangui pour capitale, puis obtient son indépendance complète le 13 août 1960.

- Le Congo français : En 1891, la colonie du Congo français est fondée. Lors de la création en 1910 de l'AOF, la région fut divisée en deux territoires : le Gabon à l'Ouest et le Moyen Congo à l'Est. Afin d'avoir les mains libres au Maroc, le France céda une partie du Congo à l'Allemagne (la vallée de la Sangha jusqu'au fleuve Congo par le traité du 4 novembre 1911). Ce territoire fut ré-annexé en 1919. Dès 1940, le Congo s'était rallié au général de Gaulle aussi devint-il en 1946 un territoire français d'outre-mer, représenté à l'Assemblée nationale. Il devint république au sein de la Communauté française à la suite du référendum de novembre 1958. Le Congo proclama son indépendance complète le 15 août 1960 et prend le nom de République populaire du Congo appelée communément Congo-Brazzaville.

- La colonie du Gabon fut d'abord réunie au Congo français en 1888, puis incluse dans l'AEF. Passé à la France libre  dès 1940, le Gabon devint en 1946, un territoire d'outre-mer. Son assemblée territoriale fut élue au suffrage universel à partir de 1957. La République gabonaise est indépendante depuis le 17 août 1960. Sa capitale est Libreville.

L'Afrique coloniale - accession à l'indépendance des pays africainsGrande

27 septembre 2014

LA RÉVOLTE DES MAU MAU AU KENYA (1952-1956)

LA RÉVOLTE DES MAU MAU AU KENYA (1952-1956)

      Protectorat britannique dès 1895, la colonisation des territoires de l'intérieur du Kenya s'effectua au fur et à mesure de l'avancée la construction du chemin de fer de l'Ouganda à Mombassa sur la zone côtière de l'Océan indien (1900). Le pays devint colonie de la couronne britannique, en 1920, sous le nom de Kenya.

      Sous le mandat britannique, la condition des Africains, auxquels les Blancs n'avaient pas laissé  plus d'un quart des terres cultivables, était misérable. Aussi la population africaine, qui luttait contre le travail forcé, réclamait-elle une nouvelle répartition des terres et la création d'écoles indigènes. Celle-ci trouva une organisation de défense  dans la Kikuyu Central Association créée en 1925, avec à sa tête Jomo Kenyatta. Ce dernier créa en 1947 la Kenya African Union, dont le programme comportait notamment l'abolition des barrières raciales et l'égalité des droits politiques.

      Vers 1952, une société secrète s'est formée dans les tribus Kikuyu, Embu et Meru. Les adeptes de cette société, les Mau Mau, étaient farouchement opposés au mode de vie occidental, étaient liés par des rites sauvages. Leur but était de chasser les Européens par le terrorisme.

     L'état d'urgence fut proclamé en 1952. Les Blancs répliquèrent aux atrocités commises par les Mau Mau par une répression impitoyable : 40 000 Mau Mau furent tués et 80 000 furent emprisonnés. Les autorités britanniques accusèrent Jomo Kenyatta d'être l'instigateur de ce mouvement en dépit de ses dénégations véhémentes. Kenyatta fut condamné à sept ans de prison en 1953.

      Cependant, cette révolte amena le gouvernement britannique à reconnaître le droit du Kenya à l'autonomie interne en 1961, et à accepter une juste représentation des Noirs au Conseil législatif. Elu aux élections de mai 1963, Jomo Kenyatta, devenu chef de l'Union Nationale Africaine (K.A.N.U), fut désigné comme Premier ministre, le 1er juin suivant.

Le Kenya devint pleinement indépendant le 12 décembre 1963. Il adopta, alors, un régime républicain et resta dans le Commonwealth.

Sources : Dictionnaire d'Histoire universelle Michel MOURRE - Jean-Pierre Delarge - Bordas

05 avril 2014

L’AFFAIRE TUNISIENNE – L’AFFAIRE DE L’ENFIDA (1881-1882)

L’AFFAIRE TUNISIENNE – L’AFFAIRE DE L’ENFIDA (1881-1882)

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      LE CONTEXTE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE

     Sous la pression commune de l’Angleterre et de la France, le bey de Tunis avait dû renoncer, en 1819, aux ressources provenant de la piraterie. Les ambitions démesurées des beys successifs ajoutées à leur incapacité et à réorganiser et moderniser l’économie de la Tunisie avaient obéré les finances du pays. La nécessité de recourir largement à l’emprunt avait placé la Tunisie de plus en plus sous la dépendance des puissances européennes.

     En 1869, les finances beylicales étant au bord de la banqueroute, les Français, les Anglais et les Italiens imposèrent à la Tunisie la tutelle d’une commission financière internationale. La Tunisie devint l’enjeu de la rivalité des grandes puissances européennes. L’efficacité de l’action du consul anglais Wood et les ambitions italiennes sur la Tunisie menaçaient la position traditionnelle de la France en mettant à profit son affaiblissement consécutif à ses défaites dans sa guerre avec l’Allemagne en 1870.

Berliner_kongress

Au congrès de Berlin (1878), devançant les ambitions italiennes, la France qui souhaitait s’assurer le contrôle de la Tunisie pour protéger la sécurité de l’Algérie, obtint l’accord tacite de l’Angleterre et de Bismarck, lequel espérait détourner les Français de leur obsession  concernant l’Alsace-Lorraine en encourageant leur ambition coloniale.

L’AFFAIRE DE L’ENFIDA (1881)

La même année, l’ancien premier ministre du bey, le général Khereddine, quittait la régence pour s’installer à Constantinople. Il chercha à vendre les biens considérables qu’il avait en Tunisie.  Il possédait entre-autres un immense domaine entre Sousse et Tunis que le bey lui avait offert en 1874. Le domaine de l’Enfida couvrait environ 100 000 hectares, s’étendait sur 65 km du nord au sud, était occupé par des populations semi-nomades et était à peine mis en valeur y compris dans sa partie centrale la plus fertile. N’ayant trouvé aucun acquéreur tunisien pour vendre ses possessions, il engagea dans le plus grand secret des négociations avec la Société Marseillaise de Crédit.

       Le 29 juillet 1880, l’accord de vente définitif était conclu. Khereddine avait fait rédiger le contrat de manière à se prémunir contre toutes les subtilités de la loi. En effet, les rites légaux, malékite et hanéfite, en usage dans le pays, admettaient un droit de préemption (cheffaa) en faveur des propriétaires des domaines limitrophes, à condition qu’une somme égale à celle prévue dans le contrat soit versée. En raison du secret de la transaction, le préempteur éventuel en ignorerait le montant et ne pourrait donc pas se substituer à l’acheteur. De plus Khereddine s’était réservé un mètre de terrain sur tout le pourtour du domaine. Cependant, les notaires refusaient d’enregistrer l’acte de vente sans l’autorisation du cadi.

Le domaine de l'Enfida

      Le premier ministre Mustapha ben Ismail souhaitait récupérer les biens de l’ex-favori et comptait s'approprier l'Enfida sans bourse délier. Ben Ismail avait vu le domaine de Sidi-Tabet lui échapper, aussi agissait-il en sous-main pour faire échouer la vente et s’était rapproché des Italiens.

      La situation se prolongeant, la Société Marseillaise demanda au consul Théodore Roustant d’intervenir auprès du gouvernement tunisien. De son côté, le cadi exécutait les ordres de son gouvernement, il faisait valoir qu’en 1875, la donation n’avait pas été faite dans les règles. Le bey précisa à Roustan qu’il avait donné à  Khereddine le domaine en question pour qu’il en jouisse et non pour qu’il le vende à des étrangers.

     Le 26 novembre 1880, sur l’instigation du clan italo-gouvernemental, dans une lettre adressée au consul d’Angleterre à Tunis, un citoyen britannique nommé Joseph Lévy, courtier à Sousse, qui prétendait posséder une propriété en bordure de l’Enfida, déclarait qu’il comptait faire jouer son droit rituel de préemption.

      Sans tenir compte des manœuvres en cours, les notaires rédigèrent l’acte de vente, en janvier 1881, selon les clauses prévues initialement entre la Société Marseillais et Khereddine. Entre-temps, Levy avait déjà pris toutes les dispositions pour l’exploitation du domaine (renouvellement des baux, programmes de travaux…). Lorsque le représentant de la Société Marseillaise se présenta pour prendre possession des lieux, le personnel de Levy occupait la place. La Société Marseillaise s’avérait dépossédée et était traitée en usurpatrice.

Affaire de l'enfida image fascicule

PART PRISE PAR L’EXPLOITATION DE L’AFFAIRE DE L’ENFIDA DANS L’ETABLISSEMENT DU PROTECTORAT FRANÇAIS SUR LA TUNISIE

      Malgré les appels du consul en Tunisie, Roustan, malgré l’avis des agents diplomatiques français en poste dans les capitales européennes qui estimaient que le temps jouait contre la France, malgré les plaintes des agents économiques (banques et maisons de négoce de Paris, Lyon et Marseille), l’affaire trainait en longueur car le gouvernement français débattait sur l’opportunité d’intervenir, d’autant plus qu’on était à la veille d’élections. Tous considéraient défavorablement les manœuvres de l'Italie tout juste unifiée. Ils estimaient que,  bien que signataire du traité de Berlin, elle cherchait à étendre son emprise sur la Tunisie. La presse s’empara du sujet et monta une campagne destinée à convaincre l’opinion de la nécessité d’une intervention armée en Tunisie.

      De Tunisie, les montagnards kroumirs effectuaient de fréquentes incursions en territoire algérien. Jules Ferry prit prétexte de l’une d’entre-elles pour donner l’ordre d’intervenir militairement en Tunisie. À partir d’avril 1881, une force de 30 000 hommes venue du territoire algérien, envahit le pays.

      Le 12 mai 1881, le corps expéditionnaire parvenait aux abords de Tunis. Sadok bey accepta le traité du Bardo (ou de Kassar Saïd), qui plaçait la Tunisie sous le protectorat de la France.

Traité_du_Bardo

      Le texte du traité contraignait le bey de Tunis à abandonner la quasi-totalité de ses pouvoirs au résident général de France, particulièrement dans les domaines des affaires étrangères, de la défense et de la réforme de l’administration.

     Les tribus du Sud se soulevèrent dans la région de Kairouan et de Sfax. Ce mouvement insurrectionnel fut arrêté, par l’intervention de la flotte française, le 11 juillet 1881, qui bombarda et prit Sfax, d’une part, et d’autre part, par les troupes terrestres qui s’emparèrent de Kairouan (26 octobre) et de Gafsa (19 novembre).

Guerre de Tunisie Combat du Djebbel Haddedar 26- 04 1881

      La convention de la Marsa, le 8 juin 1883, précisa le régime du protectorat : le bey abandonnait à la France la défense nationale et la politique étrangère et lui donnait toute liberté pour réformer l’administration. Cette dernière passa, en fait, peu à peu sous contrôle français. Le protectorat français sur la Tunisie prit fin le 20 mars 1956, la France ayant reconnu l’indépendance totale de la Tunisie.

    Par effet de symétrie, c’est cette affaire transposée au Maroc qui est rapportée par Guy de MAUPASSANT dans Bel Ami (1885).

1ère page de la convention de la Marsa

Sources :

Histoire de la Tunisie contemporaine: De Ferry à Bourguiba 1881-1956 Par Jean-François Martin

 Document BNF : Société marseillaise de crédit industriel et commercial et de dépôts... Mémoire sur l'affaire de l'Enfida, propriété acquise de S.A. Khérédine Pacha (Tunisie) . (Signé : Albert Rey.)

Clauses du traité du bardo et de la convention de la Marsa

Dictionnaire d’histoire universelle – Michel MOURRE – Collection Jean-Pierre Delarge - Bordas

Sources des illustrations :

le Congrès de BerlinLe traité du Bardo

Guerre de Tunisie. Combat du Djebbel-Haddedah - 26 avril 1881 : [estampe]

L’image de la première page de la convention de la Marsa

 

Information fournie par M. Hervé NOËL du CDHA (Centre de Documentation Historique sur l'Algérie, le Maroc et la Tunisie) , suite à la parution de ce message

 

En 2013, L’Association Mémoire de la Société Marseillaise de Crédit a fait don au CDHA (Centre de Documentation Historique sur l'Algérie, le Maroc et la Tunisie) de la totalité des archives du domaine de l’Enfida conservé par la banque. 

Enfidaville, située au sud de Tunis, était un important centre agricole du temps du protectorat français, créé ex-nihilo par des pionniers en 1881 puis repris par une société française : le Crédit Marseillais. S’étendant sur près de 1200 km2, le domaine d’Enfida était dévolu à la culture des céréales, des olives, de la vigne et à l’élevage. Son développement et l’expansion de ses activités dans l’industrie agroalimentaire l’amenèrent à ériger un véritable centre urbain, probablement le plus moderne du protectorat tunisien. 

Centre de Documentation Historique sur l'Algérie, le Maroc et la Tunisie 
Maison Maréchal JUIN 
29, avenue de Tübingen 
13090 AIX EN PROVENCE Cx 02 
Tel. : 04 42 52 32 89 
contact@cdha.fr 
www.cdha.fr


23 août 2012

LA TROISIÈME CROISADE (1189-1192)

LA TROISIÈME CROISADE (1189-1192)

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 LA_TROISIEME_CROISADE___1189_1192

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LIBAN - Saida - le Château de Sidon

 SYRIE - Le Krak des chevaliers

13 août 2012

LES ROYAUMES DE BOURGOGNE

LES ROYAUMES DE BOURGOGNE

Image Les royaumes de Bourgogne

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Les_royaumes_de_Bourgogne

 

26 avril 2012

Contexte politique en Algérie de 1990 à 1999

Contexte politique en Algérie de 1990 à 1999

     Mohamed FELLAG situe les 5 nouvelles  de C’est à Alger (2002) et L’Allumeur de rêves berbères (2007) durant la période dite des « années noires » de la décennie 1990.

*

     Le Président de la République algérienne Mohamed Ben Bella (1916~2012) depuis l’Indépendance de l’Algérie en 1962, est renversé le 19 juin 1965, par un coup d’État, dirigé par Mohamed Boukharouba, dit Houari Boumediene (1925~1978).

     Houari Boumediene devient alors Président du Conseil de la Révolution, chef du gouvernement et ministre de la Défense. En décembre 1967, une tentative de putsch du colonel  Tahar Zbiri, maître de l’armée et du FLN, le parti unique, échoue.

     Son autorité n’étant plus contestée, le Président Boumediene fait adopter par référendum, le 27 juin 1976, une Charte nationale qui définit l’Algérie comme une « démocratie socialiste », consacre le rôle dirigeant du parti et garantit à l’Islam le statut de religion d’État.

      Le 19 novembre 1976, une nouvelle une nouvelle constitution renforce les pouvoirs du chef de l’État qui est élu Président de la République algérienne.

*****

Situation politique des années 1990

     Après la répression dans le sang de « manifestations de la faim » en octobre 1988, le Président Chadli Bendjedid, dit Chadli (1929), élu à la tête du pays depuis 1972, engagea une timide démocratisation du régime. Une multitude de partis politiques se présentèrent aux élections locales de juin 1990 ouvertes au multipartisme. Parmi ceux-ci, le Front Islamique du Salut (FIS) obtint le plus grand nombre de voix.

     L’armée qui se considérait garante des institutions  s’opposa à la légalisation du FIS. Le Président Chadli décida de tenir tout de même des élections législatives, en décembre 1991. Le scrutin majoritaire étant favorable aux Islamistes, ceux-ci remportèrent une écrasante victoire au premier tour.

     En janvier, l’armée démit Chadli de ses fonctions, annula les élections et confia le pouvoir à un Haut Comité d’État (HCE) présidé par un dirigeant historique du FLN rentré de son exil au Maroc, Mohamed Boudiaf (1919~1992). En mars, le FIS fut dissous. Une vague de répression s’abattit sur les Islamistes. Ceux-ci répliquèrent par le terrorisme assassinant plus de 600 personnes dont Mohamed Boudiaf qui fut remplacé à la présidence du HCE par Ali Kafi (1928), en juillet 1992.

*

     L’assainissement de l’économie était devenu une priorité absolue pour le régime ainsi que l’intensification de la répression des oppositions.

     Le général Liamine Zéroual (1941), ministre de la Défense en 1993 puis nommé chef de l’État en janvier 1994 par le HCE, engagea  une lutte sans merci contre le mouvement islamiste qui s’était radicalisé avec la création du GIA (Groupe Islamiste Armé).

     Le GIA lança une vague d’attentats contre les forces de l’ordre, les intellectuels, les journalistes, les artistes, et, à partir de 1993, les ressortissants étrangers.

    Un mouvement de revendication berbère hostile aux militaires comme aux Islamistes, se développait parallèlement en Kabylie.

     Le pouvoir rejeta l’éventualité de négociations avec une plateforme commune composée du FIS, du Front des forces socialiste, du FLN, les principaux partis d’opposition.

     En dépit du boycotte de l’opposition, une très forte participation des électeurs au scrutin  de novembre 1995, porta  le général Zéroual à la Présidence de la République algérienne confirmant sa présence à la tête de l’État. La société algérienne manifestait ainsi sa volonté de voir s’arrêter la violence.

    Malgré les efforts de modération du Premier Ministre, Ahmed Ouyahia (1952), nommé en janvier 1996, qui fit entrer dans son gouvernement des membres de l’opposition modérée (MSI-Hamasi, Mouvement du Renouveau National), puis des différentes  tentatives des gouvernements qui lui ont succédé, les attentats et les massacres continuaient, entraînant une perte de confiance de la part de la population.

     De même, les mesures d’arabisation hâtives décidées en 1998 furent très contestées

     À la suite d’une nouvelle recrudescence des attentats islamistes, de nombreux clans se formèrent au sommet de l’État paralysant les institutions politiques. Liamine Zéroual fut contraint de démissionner.

*

     Le Président Abdelaziz Bouteflika (1937) fut élu à sa succession en avril 1999 et son projet de « Concorde civile » portant sur la restauration de la paix civile, l’ouverture économique et la lutte contre la corruption fut approuvé par référendum par une écrasante majorité.

*****

Bilan de la guerre civile de janvier 1992 à décembre 1997

     Les morts : Dans sa déclaration du 21 janvier 1998, Ahmed Ouyahia (1952), (Premier ministre de l’Algérie de 1995 à 1998, de mai 2003 à mai 2006, puis à nouveau  depuis le 23 juin 2008 dans plusieurs gouvernements successifs), ce bilan serait de 26 000 morts. Le département d’État américain l’estime à 70 000 morts dont 6 à 7 mille en 1997. Amnesty international annonce un minimum de 80 000 morts, tandis que l’opposition algérienne parle de plus  de 100 000 morts. L’Express en a cité 60 000.

     Personnes disparues : Il y aurait eu 3 000 disparus.

     Les victimes : De 1990 à 1999, outre les 100 000 morts, le nombre des victimes est estimé à environ 1 million.

20 000 Islamistes auraient été emprisonnés.

     Les attentats : Le gazoduc (Transmest) a fait l’objet de 3 attentats depuis 1992. Des bombes déposées aussi bien dans la capitale que dans d’autres villes d’Algérie ont fait de nombreuses victimes tout comme les attaques contre les moyens de transports (cars, train, et les faux barrages de police ou de l’armée).

Sources de la documentation : Le Petit Robert des noms propres ; édit. Dictionnaires Robert ; Michel Mourre Dictionnaire d’histoire universelle ; Jean-Pierre Delarge ; édit. Bordas ; Quid, Dominique et Michèle Frémy ; édit. Robert Laffont www.quid.fr

Mohamed FELLAG (1950) – Rue des petites daurades (2001)

FELLAG Mohamed (1950) – C’est à Alger (2002)

Mohamed FELLAG (1950) – L’Allumeur de Rêves berbères (2007)


 

08 janvier 2012

Diane DUCRET – Femmes de dictateur (2011)

Diane DUCRET – Femmes de dictateur (2011)


     L’intransigeance de leur conviction d’homme providentiel, leur discours enflammé, ont subjugué une coterie de partisans,  galvanisé les foules, conquis les hommes, déchaîné l’adulation des femmes. Hormis Salazar (1889~1970) qui est resté discret et mesuré et s’est tenu éloigné des photographes, Mussolini (1893~1945), Lénine (1870~1924), Staline (1878~1953), Bokassa (1921~1996), Mao (1893~1976), Ceausescu (1918~1989), Hitler (1889~1945), se sont prêtés à la mise en scène, souvent sans limite, du culte de leur personnalité. Tenants d’un pouvoir, à tout prix sans partage, ils ont marqué le siècle des conséquences de leur tyrannie sur le sort de millions d’êtres humains.
     L’étude des biographies déjà publiées de ces personnages, les souvenirs rapportés par des témoins directs de scènes auxquelles ils ont assisté ou de propos tenus en leur présence, ajoutés à des extraits des journaux intimes, de lettres des différents protagonistes, constituent la base de la documentation des récits concernant chacun de ces autocrates. Les références sont citées dans les notes à la fin de du livre.
     Diane DUCRET passe en revue ces dictateurs du vingtième siècle et dresse une galerie de portraits de celles qui furent leurs compagnes et maîtresses. Les 341 pages de l’ouvrage se lisent comme un roman, mais ne peuvent se résumer comme tel.


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Les égéries
      Mussolini serait « resté un petit activiste de parti, un révolutionnaire du dimanche »(1), sans Angelina Balabanof (1878~1951), aristocrate ukrainienne, passionaria de la révolution bolchevique et féministe. L’«hystérie, la misère et le désespoir »(2) caractérisaient l’exilé romagnol, cet «être humain avec un air aussi pitoyable » qui assistait au meeting organisé par le parti socialiste italien à Lausanne en 1904. Elle l’a dégrossi. Après une relation de presque dix années, elle le délaissera  pour Lénine. Une autre militante socialiste d’avant-garde croira en son avenir politique et lui donnera les moyens culturels et financiers de réaliser ses ambitions.  Il s’agit d’une jeune femme issue de la grande bourgeoisie, l’écrivain, journaliste de la rubrique artistique puis codirigeante avec Benito du journal l’Avanti, Margherita Sarfatti (1880~1961). Une attirance passionnelle les rapproche doublée d’une relation intellectuelle privilégiée. Elle affinera la culture et la rhétorique de cet être frustre. Ils élaboreront ensemble et diffuseront la première version de la doctrine fasciste. Il rompt avec elle en 1934. Margherita est juive comme Angelina. Elle quitte le pays à la promulgation des mesures de discrimination et de persécution à l’encontre des Juifs italiens des « Lois raciales » de 1938.

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     Vladimir Ilitch Oulianov était déjà un fils gâté par sa mère et aidé par sa sœur aînée Anna.  Le futur Lénine, sera soutenu par des femmes dans son errance de prison en exil puis à la direction du Kremlin. Elles assumeront le quotidien, l’assisteront dans la propagande et sa lutte révolutionnaire. Lénine, Nadia Krupskaïa son épouse (1869~1939) marxiste convaincue, qui a traversé les glaces de Sibérie au péril de sa vie pour le retrouver, le suivre en exil, et la très chic révolutionnaire, féministe, prophétesse de l’amour libre, Inessa Armand (1874~1920), formeront un ménage à trois pendant six ans.

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   Dans les années vingt, le déluge verbal d’Hitler, fondateur du NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, parti ouvrier allemand national-socialiste) galvanise la gente féminine. Séduite par sa force de conviction, la riche Helen Berchstein le prend en main, améliore sa garde-robe, lui apprend à s’habiller en toute circonstance, l’initie aux bonnes manières et au savoir-vivre en usage dans la bonne société, lui donne ainsi le moyen de s’ouvrir les portes de l’ancienne aristocratie prussienne et de la bourgeoisie déçues par la République de Weimar.

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Les épouses et les compagnes
     Mussolini demande en mariage Rachele Guidi (1890~1979), encore mineure, révolver au poing. Vite rassasié, l’amant impétueux ne tardera pas à chercher aubaine ailleurs. L’épouse et mère de ses enfants exerce sur l’ex-révolutionnaire belliqueux une tyrannie domestique à laquelle il se plie, prisonnier de la propagande du régime célébrant la famille. Le Duce se consolera dans les bras de quantité de jeunes maîtresses.

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     La nuit du 15 juillet 1906, Ekaterina Svanidze (1880~1907) et Iossif Vissarionovitch Djougachvili sont mariés clandestinement par un prêtre complaisant. Le prétendant romantique, a charmé Kato en poussant la chansonnette et déclamé ses poèmes. Le futur Staline est de petite taille, a le teint olivâtre marqué par la petite vérole, ses vêtements sont en loques. Se doute-t-elle que la vie d’inquiétude qui l’attend auprès d’un chef de bande brutal, révolutionnaire traqué, braqueur de banques (pour la cause, bien sûr !), recherché pour meurtre d’agents du tsar ? Presqu’un an et demi plus tard, Kato meurt du typhus dans les bras de Staline qui en est très affecté.
     Staline avait sauvé de la noyade Nadia Allilouyeva (1901~1932), sa seconde épouse quand elle avait six ans. Il la viole à 18 ans, dans le train où, chargé  de faire céder la ville encore inféodée au tsar de Tsaritsyn(3), il a installé son QG, en 1918. À Moscou, Nadia déprime dans l’enfer du huis clos et de la promiscuité du Kremlin, qui abrite les héros de la Révolution et leur famille et où règne la suspicion. Les dissensions au sein du couple, la paranoïa, l’ivrognerie, les mensonges, les tromperies de Iossif, acculeront Nadia au suicide. Dans un état d’ébriété, il venait de la provoquer et de l’injurier devant tous les dignitaires du régime. Genia, sa belle-sœur ayant repoussé ses avances, il la fera déporter et emprisonner. Elle intégrera un asile d’aliénés après sa libération.
     Le « petit père des peuples » terminera son existence en compagnie d’une femme plus docile, presqu’illettrée, Valentina Istomina, sa gouvernante, qui l’accompagne dans tous ses voyages et sert discrètement dans les repas officiels.

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     Jean-Bedel Bokassa eut une carrière matrimoniale instable et bien remplie! Dix-neuf épouses et quarante enfants sont référencés(4). Il y eut des divorces, des abandons, des fuites. L’empereur autoproclamé de Centrafrique Bokassa 1er devient polygame. Bien avant son coup d’État, le chef d’état-major de l’armée centrafricaine avait une manière très particulière de faire sa cour : enlèvements, séquestrations, unions sans leur consentement de très jeunes filles !
     Catherine Denguiade, qu’il couronne impératrice au cours d’une cérémonie grandiose, vivra ainsi l’enfer d’un mariage imposé, sans liberté de mouvement jalousée des autres épouses et des maîtresses occasionnelles. Elle vit cloitrée aussi bien au palais Berengo qu’à Bangui. Toute visite, toute sortie est soumise au bon vouloir du souverain paranoïaque, jaloux, suspicieux, bambocheur, assoiffé de domination. De sa réclusion, la jeune femme perçoit la nature destructrice du régime de son époux. Elle sermonne, résiste, tient tête, tempère et si besoin laisse hurler le forcené à la porte de ses appartements.
     Les représailles de Bokassa seront terribles pour le Président de la République française Giscard d’Estaing, après l’opération « Barracuda », en 1979. Ses affirmations aux médias français lancent « l’affaire des diamants ». Elles pèseront en France, sur la campagne présidentielle de 1981. Catherine, dépressive, prend ses distances avec Jean-Bedel qui ne dessoûle pas, finit par trouver refuge en Côte d’Ivoire. Malgré les dénégations de son épouse, il clame à tous qu’elle a eu une aventure amoureuse avec  Giscard.

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     Yang Kaihui (1901~1930) a 17 ans la première fois qu’elle rencontre Mao Zedong. Ils deviennent amants quelques mois avant de se marier à la fin de 1920. Mao, de huit ans plus âgé, avait déjà épousé Luo Yixiu (1889~1910). Il ne renonce pas pour autant à ses anciennes liaisons, prend même de nouvelles maîtresses. La lutte politique l’absorbe. Il s’absente convertir les foules et vit avec une jeune femme rencontrée en route. Trois ans durant, sans nouvelles de lui, Kaihui l’attend à Changsha, avec ses trois enfants. En septembre 1930, il revient pour... assiéger la ville toujours nationaliste. Kaihuil, est arrêtée avec son fils de huit ans, crie sa loyauté envers Mao, avant mourir décapitée.
     La nouvelle compagne de Mao, He Zhizen (1909~1984), est une militante communiste active. Tous deux sont considérés comme mariés en 1928. Mao n’est pas un homme fidèle. L’entente du couple se disloque rapidement. En octobre 1934, Mao lance la Longue Marche qui fera de lui un mythe. Zhizen, marquée par la perte successive de trois de ses quatre fils, enceinte de cinq mois, prend donc la route. En février 1935, elle accouche à l’écart du convoi d’une petite fille qu’elle est contrainte d’abandonner, reprend la marche aussitôt, soigne et sauve les blessés. Mao, indifférent, poursuit sa marche vers le pouvoir suprême. Atteinte au cours d’une attaque aérienne, Zhizen survit, mais garde des éclats d’obus dans le corps. La désormais martyre de la Révolution, enceinte à nouveau, quitte les combattants, gagne seule, à pied, l’Union soviétique où elle est soignée. Le garçon qu’elle met au monde ne vit pas une année. Mao a pris une autre femme. Abandonnée, brisée par les épreuves, Zhizen perd la raison, est internée. Rapatriée par Mao en Chine en 1947, elle sera à nouveau enfermée jusqu’à sa mort en 1984.
     La quatrième et dernière épouse du Grand Timonier, (1914~1991) est d’une toute autre espèce. Née dans une famille pauvre, elle cherche non seulement à sortir de sa condition, mais, guidée par une ambition démesurée, elle utilise tous les moyens possibles afin de favoriser son ascension et écarter tous les obstacles. À vingt-trois ans, elle a déjà roulé sa bosse lorsqu’elle rejoint la Longue Marche en 1937 à Yan’an et s’emploie à séduire Mao. Comédienne ratée, actrice de série B, communiste à l’origine par opportunisme, mariée utilement déjà trois fois, Jiang Qing a une réputation sulfureuse. Mao écarte les mises en garde et les critiques de l’état major du parti communiste chinois, passe outre l’inquiétude des militants. D’abord dans l’ombre, chargée de son secrétariat privé, Jiang Qing gravit les échelons du pouvoir, impose ses conceptions artistiques au comité directeur de l’industrie cinématographique. Devenue conseillère culturelle de l’armée, elle se met en scène et se compose un personnage de leader respecté. Actrice majeure de la Révolution culturelle des années 60 et 70, elle assouvit enfin une vengeance longuement murie sur ses ennemis. Elle veille elle-même au choix et à l’initiation de jeunes pucelles chargées de satisfaire la libido frénétique du Grand Timonier. Mao disparu, détestée de tous, associée à « la bande des quatre », elle est arrêtée et jugée pour ses forfaits.  Sa condamnation à mort sera commuée en prison à vie, elle se suicidera dix ans plus tard, en 1991.

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     Le 23 décembre 1947, le mariage entre Nicolae Ceausescu et Elena (1916~1989) est signé sur de fausses déclarations. La mariée s’est rajeunie de deux ans et se prénomme en réalité Lenuta. Ex-tôlard, entré en politique après avoir partagé son enfermement avec des agitateurs communistes, Nicolae avait remarqué cette fille pleine d’aplomb, meneuse des luttes ouvrières et des manifestations antiroyaliste avant la guerre. Au lendemain de l’accession de Ceausescu au poste de secrétaire général du Parti communiste roumain, Nicolae régit la politique tandis que, sans scrupule, Elena usurpe une légitimité universitaire en chimie, et prend en main tous les instituts de recherche du pays. Les Roumains lui doivent l’interdiction de la contraception et des décrets régissant la vie intime des couples. Qui n’est pas à sa botte est implacablement limogé. Elle fait mettre ses rivales sur écoute, échafaude les pièges pour les compromettre. La Guerre froide aidant, elle collectionne une multitude de distinctions honorifiques décernées par des universités étrangères et accable les services diplomatiques de ses caprices protocolaires et d’exigences en cadeaux dispendieux dans ses voyages officiels. Le 25 décembre 1989, la fête est finie pour le Génie des Carpates et son épouse Elena. Ils seront fusillés dans la base militaire de Targoviste, condamnés à mort par un tribunal autoproclamé à la suite d’un procès secret expéditif.

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Les maîtresses
      Comme Hitler, Antonio de Oliveira Salazar a renoncé au mariage. Anne DUCRET nous révèle que la réalité est bien différente de l’être chaste, exclusivement marié à la patrie décrit par la propagande du régime. Encore jeune séminariste sans vocation, il est troublé par Felismina, une adolescente rousse au caractère bien trempé. L’éducation religieuse qui diabolise le sexe entrave l’attirance mutuelle des jeunes gens. La jeune fille est tourmentée entre désirs et sentiment de culpabilité. Une relation platonique ambigüe s’installe entre les jeunes gens. Felismina, nommée inspectrice des écoles, sera une informatrice privilégiée du dictateur, pratiquera au besoin la délation et sera une propagandiste zélée du salazarisme.
     La plupart des nombreuses liaisons du Doutor furent sans conséquences. Sa vie sentimentale le portait vers des femmes souvent mariées, bien différentes du prototype salazariste d’épouse et mère au foyer. Telles Maria-Laura Campos, jeune femme émancipée, Emilia Vieira, originale, danseuse mondaine, bisexuelle, voyante, qui sera son astrologue jusqu’à la fin, Mercedes de Castro Feijo, aventurière, fille de diplomate, héritière prodigue convertie au journalisme. Salazar craint l’inconstance de la passion, aussi ne s’engage-t-il jamais.
     Une femme émancipée, Christine Garnier, journaliste française, fut sa plus grande passion au point de lui offrir des bijoux de valeur, de lui faire adresser, où qu’elle soit, fleurs et fruits exotiques. Pour elle aussi, disparaîtront les rendez-vous avec l’être aimé.

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     On a du mal à imaginer Hitler amoureux. Il le fut pourtant ! On a du mal à imaginer le Führer séducteur. Il le fut pourtant ! Des femmes tombèrent sous le charme du peintre raté, admirateur de danseuses et de modèles nus. L’éloquence frénétique et la fougue du discours du chef du parti nazi déchaînait les passions féminines.
     Enthousiasmée par sa verve, l’épouse de Siegfried Wagner, Winifred, lui fait parvenir en prison lettres et colis de nourriture. Bien qu’on ne sache rien de la nature exacte de sa relation avec Hitler, elle n’hésitera pas à s’afficher avec lui au point de nourrir les rumeurs.
     Il est des histoires d’amour qui finissent mal
     A Berchtesgaden, en 1927, les parents de la pauvre Maria Reiter (1911~1992) « Mitzi » amoureuse délaissée par Herr Wolf (5) sauvent leur fille in extremis  de la pendaison.
Au moment où le parti nazi connaît sa grande ascension, Hitler est déstabilisé par le suicide de la souriante Angelika Raubal (1908~1931), sa nièce.  « Geli » se tire une balle dans la poitrine pour se sortir de l’enfermement d’une relation incestueuse avec Onkel Alf.
    Eva Braun (1912~1945), la charmante « bécasse », d’abord substitut de Geli s’attachera définitivement Alfi par deux tentatives de suicide. Installée au Berghof, elle y règnera en maîtresse de maison dans le cercle intime du chancelier du Reich. Entretenue volontairement sans contact avec l’extérieur, sur ordre du Führer, Effie mène une vie de petite fille gâtée dans une bulle dorée. Elle rejoindra cependant son Alfi dans Berlin assiégé. Dans le bunker où ils se sont enfermés avec les derniers fidèles, Hitler prend Eva pour épouse l’avant-veille de leur suicide.
     Dans une pièce voisine, celle qui fut « le versant féminin d’Hitler », la première dame du régime, « modèle de sa race », mère modèle, celle dont l’amour pour Hitler est si fort, qu’elle lui a offre sa vie, Magda Geobbels (1901~1945), suit le Führer dans la mort quelques heures plus tard.

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     Des femmes s’offraient à ces dictateurs, en témoignent les extraits des Lettres d’amour à un dictateur cités dans l’introduction de l’ouvrage.
Si les lettres enflammées de ces femmes mettaient le Führer mal à l’aise, le Don Juan de la botte italienne, lui qui se vantait à ses maîtresses, d’avoir commencé sa vie sexuelle par le viol de sa jeune voisine, ne se gênait pas pour y donner suite. Le Duce ne lésine pas sur les moyens de se débarrasser d’une ancienne maîtresse hystérique engrossée, à qui il avait promis le mariage. Il la fait enfermer. Sa dernière maîtresse Clara Petacci suivra son amant jusqu’au bout, quand il sera exécuté par les partisans italiens.

Notes :
1-    Mussolini
2-    Angelina Balabanof
3-    Tsaritsyn future Stalingrad
4-    Réf. mysite.verizon.net/respzyir/jean-bedel-bokassa/id4.html (anglais).

pour accéder à la traduction en français de cette référence cliquez sur le lien

Les_epouses_de_Bokassa


5-   Hitler se cachait sous ce pseudonyme, lorsqu’il était encore chef du parti nazi. C’est sous ce nom qu’il faisait la cour à ses conquêtes d’alors.

Pour revoir le documentaire de France 2 : APOCALYPSE HITLER:

Apocalypse Hitler Fr2Cliquez ICI

03 janvier 2012

CONTEXTE HISTORIQUE DANS LEQUEL SE SITUE LE RÉCIT DE François VALLEJO (1960) « Ouest »(2007)

CONTEXTE HISTORIQUE DANS LEQUEL SE SITUE LE RÉCIT DE François VALLEJO (1960) « Ouest »(2007)[1]

       Le roman de François VALLEJO commence au moment où s’effondre LA MONARCHIE DE JUILLET (juillet 1830~février 1848).  

       La révolution des 27 au 28 juillet 1830 avait mis fin au règne des Bourbons,  « rois de France », au profit de la branche d’Orléans avec Louis-Philippe qui devint « roi des Français ».

CAUSES DE LA RÉVOLUTION DE 1848

       Né d’une révolution, le régime de Louis-Philippe évolua rapidement vers le conservatisme avec le parti de la Résistance qui prit le pouvoir dès 1831. Il dut faire face à de nombreux mouvements d’opposition politique et sociale qui furent sévèrement réprimés. L’opposition légitimiste était plus hautaine que redoutable malgré l’équipée de la duchesse de Berry dans l’Ouest en 1832. L’opposition républicaine qui reprochait au roi d’avoir confisqué la révolution était beaucoup plus redoutable. Elle cherchait appui auprès des milieux populaires que le premier essor du capitalisme industriel réduisait à un sort misérable. Des hommes et de petits groupes isolés cherchaient des remèdes à cette misère et des bouleversements idéologiques apparurent avec le catholicisme libéral de Lamennais (1782~1854), Lacordaire (1802~1861), Montalembert (1810~1870), Ozanam (1813~1853), les débuts du socialisme de Claude Henri de Saint-Simon (1760~1825), Charles Fourier (1773~1837), Pierre Leroux (1797~1871), Pierre Joseph Proudhon (1809~1885), le positivisme d’Auguste Comte (1798~1857) et des écrivains comme George Sand (1804~1876), Jules Michelet (1798~1874).

       Le pouvoir était Mandataire de la bourgeoisie aisée. Il se souciait peu de considérations humanitaires. Il fit écraser par l’armée ou par la garde nationale la révolte des canuts lyonnais (novembre 1831, l’émeute parisienne du cloître Saint-Merry (juin 1832) et celle de la rue Transnonain (1834). Les lois de septembre 1835 renforcèrent les moyens répressifs contre la presse, les associations, les rassemblements. L’opposition ne pouvait alors s’exprimer que dans des sociétés secrètes.

       Dans les années 1846 et 1847, la spéculation boursière provoqua une crise financière qui coïncida avec  une crise économique à la fois agricole et industrielle, montrant la fragilité de la structure bancaire française.

       Mais ce fut surtout le ministre conservateur Guizot (1787~1874), chef effectif du gouvernement de 1840 à 1848 qui provoqua la chute de Louis-Philippe. Président du Conseil à partir de novembre 1847, il pensait que seule, la bourgeoisie aisée était capable de diriger le pays. L’opposition demandait la réforme du régime électoral qui limitait le nombre d’électeurs à 250 000. Guizot refusait énergiquement l’abaissement du cens. Une campagne de banquets organisés par les opposants en 1847 afin de contourner l’interdiction des rassemblements rencontra son obstination farouche. La troupe tira sur une manifestation populaire demandant son renvoi. Il y eut des morts et Paris s’insurgea à nouveau, dressant des barricades. Le 23 février 1848, Guizot démissionnait, mais il était trop tard. Le régime s’effondrait le 24 février.

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LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE (25 février 1848~2 décembre 1852)

       La révolution a entrainé l’abdication de Louis-Philippe et la proclamation de la IIe République le 25 février 1848.

       Le gouvernement provisoire est formé d’une majorité de républicains modérés (voire conservateurs) comme Lamartine (1790~1869) et Étienne Arago (1802~1892) et de quelques socialistes comme Louis Blanc (1811~1882) et Albert (1815~1895) imposés par les forces révolutionnaires. Le suffrage universel est établi pour toutes les élections. Les libertés de la presse et  de réunion sont rétablies. La garde nationale est ouverte aux ouvriers. La peine de mort pour motif politique et l’esclavage dans les colonies sont abolis.

       Le gouvernement provisoire tente de résoudre le problème du chômage par la création des ateliers nationaux (26 février 1848).

       L’assemblée constituante est élue en avril 1848. C’est la bourgeoisie républicaine modérée favorable à la république démocratique emporte la majorité au détriment des tenants d’une république sociale. Le conflit avec la classe ouvrière ne tarde pas à éclater quand l’assemblée voulu supprimer les ateliers nationaux. Aggravée par la révolution, la crise économique provoque une importante agitation politique révolutionnaire avec les journées du 16 avril et du 15 mai 1848 puis les émeutes du 23 au 26 juin qui sont écrasées par le général Cavaignac auquel la Commission exécutive a remis les pleins pouvoirs. Cette répression est suivie de plus de 4 000 déportations en Algérie, décapitant l’aile socialiste du parti républicain et provocant l’indifférence du monde ouvrier à ce régime de classe.

       La constitution de 1848 consacre la souveraineté du peuple et le suffrage universel, confie l’exécutif à un président de la République élu au suffrage universel pour quatre ans.

       Face au « péril rouge », les modérés et les conservateurs se regroupent dans le « parti de l’Ordre » qui assure la victoire de Louis-Napoléon Bonaparte à l’élection présidentielle du 10 décembre 1848, à une large majorité.

       Cette réaction antirévolutionnaire triomphe lors de l’élection de l’Assemblée législative de mai 1849.

       Tout en se présentant comme le champion du suffrage universel, comme le protecteur du monde ouvrier, ou de la religion, comme le garant du droit de propriété auprès de la paysannerie et de la bourgeoisie, le prince-président laisse habilement l’assemblée se déconsidérer par l’expédition de troupes à Rome afin de rétablir le pouvoir temporel du pape en 1849, le vote de la loi Falloux sur la liberté de l’enseignement favorisant l’enseignement confessionnel le15 mars, de la loi électorale supprimant le suffrage universel le 31 mai et de la loi sur  la presse le 16 juillet 1850.

       Désirant se faire réélire en 1852, Louis-Napoléon se voit refuser la révision de la constitution par l’Assemblée en juillet 1851. Il prépare alors son coup d’État du 2 décembre 1851, malgré l’opposition courageuse de la bourgeoisie républicaine. Dans les jours suivants, 30 000 personnes sont arrêtées, 10 000 déportées en Guyane et en Algérie. Le 21 décembre, le coup d’État est approuvé par un plébiscite.

       La constitution de janvier 1852 restreint considérablement le pouvoir législatif au profit de l’exécutif. Un nouveau plébiscite, les 21 et 22 novembre 1852, approuve la proclamation de l’Empire le 2 décembre 1852.

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 LE SECOND EMPIRE (2 décembre 1852~4 septembre 1870)

        On divise généralement le règne de Napoléon III en trois périodes : l’Empire autoritaire  de 1852 à 1860, l’Empire libéral de 1860 à 1870 et l’Empire parlementaire de 1870.

        Durant la première période, l’empereur exerce un pouvoir sans partage, s’appuyant sur le suffrage universel dont il dirige l’orientation des votes par un système de « candidature officielle » et qui lui fournit régulièrement des majorités écrasantes. Il est soutenu par l’ancienne bourgeoisie naguère orléaniste, les catholiques et les milieux d’affaire. Les légitimistes s’abstiennent, suivant les consignes du comte de Chambord. Les chefs républicains sont en fuite ou déportés, mais Victor HUGO, en exil depuis le coup d’état, fait paraître Les Châtiments en 1853. Le recueil satirique dirigé contre « Napoléon-le-Petit » a un profond retentissement en France où circule « sous le manteau ». Il contribue à forger une jeunesse républicaine.

       Les fonctionnaires doivent prêter serment de fidélité à l’empereur. Le pouvoir des préfets est renforcé. À l’Université, les agrégations d’histoire et de philosophie sont supprimées car suspectes, des professeurs républicains sont révoqués. Jules MICHELET (1798~1874) est destitué de toutes ses fonctions officielles après le coup d’état tandis qu’Edgar QUINET (1803~1875), proscrit, vit d’abord en Belgique puis en Suisse. La presse est bâillonnée : elle est soumise à l’autorisation préalable, au droit de timbre très élevé et peut se voir appliquer des « avertissements », le troisième entraînant sa suppression. Une censure très moralisatrice s’exerce sur les œuvres littéraires. La répression sera encore renforcée après l’attentat d’Orsini (14 janvier 1858).

       Parallèlement, c’est une période de fêtes fastueuses au son de musiques endiablées, de grands bals, du théâtre de Boulevard, de vogue des stations balnéaires.

       Paris est bouleversé par les grands travaux qui remodèlent la capitale sous la direction du baron Haussmann (1809~1891), préfet de la Seine de 1853 à 1869.

       Cette période est marquée par l’essor important des finances, de l’industrie et du commerce, la modernisation des transports maritimes et ferroviaires et une politique de libre-échange.

       Oubliant ses déclarations pacifistes, Napoléon III se fait le champion des nationalités opprimées, bouleversant l’équilibre européen postérieur aux traités de 1815 institué par la Sainte-Alliance,  mais lui assure un grand prestige international. Il s’allie avec la Turquie en plein déclin, l’Angleterre et la Sardaigne contre la Russie pour l’empêcher d’atteindre les détroits et défendre les intérêts catholiques et français en Orient. C’est la guerre de Crimée de 1853 à 1856 qui se termine par le traité de Paris le 30 mars 1856. Il appuie la création du royaume de Roumanie avec un Hohenzollern catholique pour souverain (1856). Puis c’est la campagne d’Italie contre l’Autriche avec une armée de 200 000 hommes en 1859 pour soutenir Cavour dans son combat pour l’unité italienne en échange de l’annexion Nice et la Savoie en 1860.

       L’expansion coloniale continue par l’acquisition de la Nouvelle Calédonie (1853), l’administration de Faidherbe (1818~1889) au Sénégal à partir de 1854). La conquête de l’Algérie est achevée par la pacification brutale de l’Algérie par Randon (1857). La conquête de la Cochinchine s’achève avec la prise de Saigon en 1859 et le traité de Huê en 1860. La France intervient aussi aux côtés de l’Angleterre en Chine de 1858 à 1860. Quand cette période se termine, elle commence la protection des communautés chrétienne en Syrie par l’envoi d’une expédition en 1860.

       Nous en resteront là, car seule, la première période du second Empire est contemporaine des héros du roman de François VALLEJO.    

 

François VALLEJO (1960) - Ouest (2006)

Biographie et bibliographie de François VALLEJO

François VALLEJO (1960) -Madame Angeloso (2001)

François VALLEJO (1960) - L’Incendie du Chiado (2008)

 


[1] Sources : Mes souvenirs scolaires renforcés par la consultation du Petit Robert des noms propres (Éditions des dictionnaires Robert) et le dictionnaire d’Histoire universelle Michel MOURRE (Jean-Pierre Delarge – Bordas)