07 août 2011

Le Château de Montargis

Le Château de Montargis (Loiret) FRANCE

          Le château que nous voyons aujourd’hui à Montargis, au bord du plateau qui domine la vallée du Loing fut édifié à la fin du 19ème siècle, sur l’emplacement d’un château royal, témoin de plus de 7 siècles d’histoire de la ville.

Le Château de Montargis 001

XIIe et XIIIe siècles

Au début du 12ème siècle, Montargis fait partie des possessions de la puissante famille de Courtenay. Afin de contrôler et de défendre le carrefour des routes Sens-Orléans et Paris vers le Sud, un petit château est construit par Renault de Courtenay (1105~1194), en surplomb de l’agglomération, elle-même située au confluent de quatre rivières. La chapelle Sainte Marie, paroisse de la ville est bâtie à proximité de 1134 à 1142.

Les possessions des de Courtenay entrent, puis sont maintenues dans celles de la Couronne de France par l’arrangement de plusieurs mariages unissant la famille royale à la famille de Courtenay. Pierre, (v. 1126 ~1183), le septième enfant du roi Louis VI le Gros épouse Élisabeth de Courtenay (1127~1205), en 1151, et devient seigneur de Montargis sous le nom de Pierre 1er de Courtenay.

 Philippe Auguste (1165~1223) fait ériger une grosse tour de défense en 1184.

 Les travaux défensifs s’achèvent avec la première enceinte  de la ville au début du 13ème siècle.

Charles de Valois (1270~1325) épouse Catherine de Courtenay (1274~1307)

 

Au XIVe siècle :

Charles V de Valois dit Charles-le-Sage (1364~1390), entreprend  à partir de 1370 des travaux d’extension et de rénovation. Il en confie la réalisation à Raymond du Temple (?~ 1403 ou 1404), architecte du Louvres, du château de Vincennes et du château de Sully-sur Loire.

  Il fait réaliser :

Plan de la Grande salle du château par du Cerceau

- la grande salle des armes, 56 m de long et 17 m de large avec 6 cheminées monumentales, éclairée, sur le côté ouest du château, par 17 fenêtres garnies de vitraux,

- un donjon  central de 130 m à 140 m avec une plateforme crénelée qui domine le château,

- un corps de bâtiments au Nord,

- l’église Sainte Marie au NE,

- une rangée d’habitationsau Sud.

Les travaux se terminent en 1380, par la pose d’une des premières horloges de France.

 Des murailles cernent le château et se raccordent aux remparts de la ville. Les communications avec l’extérieur se font au Nord par le « guichet » sous la grosse tour, à l’Ouest sur la cour devant le logis royal et au Sud-Est par la poterne ouverte sur la ville.


       Le fossé de défense de Montargis se prolonge tout autour du château.  Une deuxième enceinte est réalisée autour de l’agglomération.

Plan           XVIe siècle :
           Louis XII de Valois (né en 1462) meurt en 1515 sans héritier mâle, François 1er de Valois (1494~1547) lui succède au trône et épouse Claude de France (1499~1524) issue du mariage d’Anne de Bretagne (1477~1514) avec Louis XII et donc héritière du royaume de Bretagne où la loi salique ne s’applique pas. À la mort de Claude en 1524, sa jeune sœur Renée de France (1510~1575, alors âgée de 14 ans est spoliée de son héritage breton par le Roi en échange d’apanages dont la seigneurie de Montargis et un dédommagement financier qui ne fut jamais versé.

Le Château de Montargis sur les plans de du Cerceau-1

 

En 1528, Renée est mariée à Hercule II d’Este (1508~1559), duc de Ferrare et de Reggio. À la mort du duc, en 1559, Renée choisit de vivre jusqu’à sa mort en 1575, dans sa seigneurie de Montargis. Protestante, Renée de France fait, de la ville et surtout du château, un foyer du protestantisme. Dès son arrivée, elle entreprend de gros travaux de rénovation du château qui avait souffert de manque d’entretien et des conséquences de l’incendie qui détruisit  entièrement la ville en 1525. Elle en confie la direction à Jacques 1er Androuet du Cerceau (v.1515~1585). Elle fait venir Jérôme Teste d’Italie pour la réalisation des jardins. Les jardins d’agréments se prolongent à l’extérieur du fossé par les jardins de subsistance, encadrant le château comme une collerette.

Le 31 octobre 1587, au cours d’un épisode des guerres de religion, une mine fait sauter le pont-levis et fend la grosse tour.

XVIIe siècle :

Pendant la minorité de Louis XIII, Marie de Médicis (1573~1642) rachète la seigneurie de Montargis aux héritiers d’Anne d’Este (1531~1607), la fille de Renée de France, en 1612. Désormais, la seigneurie de Montargis  appartient à la Maison d’Orléans jusqu’à la Révolution. Philippe d’Orléans (1640~1701), frère de Louis XIV (1643~1715), vient souvent au château. Il fait détruire la grosse tour devenue dangereuse, l’église sainte Marie, en ruine depuis un siècle,  et l’énorme donjon.

De 1789 à la fin du XIXe siècle - Révolution française - Conséquences de la vente des biens nationaux :

À la révolution, le château, bien national, est acheté par la ville puis rétrocédé en 1791 au comte de la Touche-Tréville qui installe une filature de coton dans la « grande salle ». Le château, qui en très mauvais état, est ensuite acquit en 1809, par Jean Antoine Massé qui entreprend aussitôt sa démolition et la vente des matériaux récupérés, non sans susciter l’émotion et une vaine tentative de sauvegarde du monument par de nombreux artistes dont le peintre Girodet (1767~1824). Après 1825 la revente des lieux par Massé, les propriétaires successifs poursuivent l’entreprise de déconstruction.

Le Château de Montargis 009Le Château de Montargis 004

 

Le Château de Montargis 011

Aujourd’hui :

Le château actuel, édifié à la fin du 19ème siècle, a gardé la tour d’angle des remparts. La tour carrée de la poterne d’accès par la ville existe toujours. Aujourd’hui, l’emplacement est occupé par un lycée d’enseignement privé. Le public peut encore visiter les vestiges de la crypte de l’ancienne église Sainte Marie dédiée à Saint Guinéfort et les caves médiévales du château.

 

Des fonds publics, auxquels s’ajoute une souscription privée toujours ouverte, financent les travaux entrepris, depuis 2010, pour la restauration des remparts dominant la ville, et la reconstitution partielle des jardins d’agrément.

Pour voir la vidéo sur l'histoire succincte du château de Montargis commentée, montée par ColineCélia, sur youtube:  cliquez ici
On peut trouver plus de détails sur la vie de Renée de France au château de Montargis dans Les dernières Dames de Montargis au temps des guerres de religion d’ Huguette LELOUP–AUDIBERT
http://colinecelia.canalblog.com/archives/2011/05/15/21140076.html

Jacques Androuet du Cerceau (Paris v. 1510) Annecy ou Genève v. 1541) Il fit deux séjours en Italie (1530 à 1537 et 1541). En France, il éleva le château de Verneuil-sur-Oise (1565~1575), dont l’ordonnance fut souvent reprise au XVIIe siècle et pour Henri III, le château de Charleval (détruit) ; il adopta des formes courbes, un décor plein de fantaisie ainsi que l’ordre colossal. il publia plusieurs recueils de gravures : Arcs et Monuments antiques (1549~1560), Livre des édifices antiques et romains (1584) et Livres des grotesques (1566) où s’affirme son goût pour le décor luxuriant.  Les représentations du château ci-dessus proviennent de Jacques Androuet du Cerceau. (déf. Le petit Robert des noms propres)

 

Note : De nombreux éléments de ce résumé proviennent d’articles de M. Gaston LELOUP, historien, qui se trouvent dans le fascicule «  Le château de Montargis d’hier à aujourd’hui » édité par l’Association pour la Sauvegarde des Remparts disponible au Syndicat d’Initiative de Montargis.




10 juin 2010

LE CHÂTEAU DE BUSSY-RABUTIN (Côte d'Or - FRANCE)

LE CHÂTEAU DE BUSSY-RABUTIN[1] (Côte d'Or - FRANCE)

Le_ch_teau_vue_ext_rieure

A la Renaissance, les comtes de Rochefort firent abattre le mur qui fermait la cour de l’ancien château fort du XVe siècle, transformèrent les quatre tours de défense en tours d’habitation et firent décorer les ailes.

Le grand-père de Roger Rabutin commença la façade. Le rez-de-chaussée date de LouisXIII tandis que les parties supérieures, qui furent terminées en 1649, évoquent le premier style Louis XIV.

Bussy_Rabutin_3___le_comte_1

Bussy-Rabutin a conçu la décoration de l’intérieur.

Le portrait du maître de maison peint par Lefèvre, un élève de Lebrun se trouve sur la cheminée de la salle à manger appelée aussi « Cabinet des devise ». La pièce est décorée de panneaux figuratifs ou allégoriques et de devises imaginées par Bussy ainsi que des châteaux et des monuments de l’époque dont certains n’existent plus

Bussy_Rabutin_4_1

Les portraits de 65 hommes de guerre de du Guesclin à Bussy sont représentés dans « l’antichambre des hommes de guerre ». Des fleurs de lys, des trophées, des étendards et les chiffres entrelacés de Bussy et de la Marquise de Montglas décorent les boiseries et les plafonds. Des devises perfides qualifient sa maîtresse infidèle.

Bussy__Rabutin_7_1

Les portraits de 25 dames de la Cour et de favorites ornent la chambre de Bussy. Un triptyque réunit sa seconde épouse Louise de Rouville, ses cousines Madame de Sévigné et sa fille Madame de Grignan.

L’exilé avait installé son bureau dans « la tour dorée » où il s’est fait représenter en empereur romain. Des peintures aux sujets galants ou empruntés à la mythologie couvrent entièrement la pièce. Elles sont accompagnées de quatrains et de distiques[2] ravageurs. Sous le plafond à caisson richement décoré, se trouvent des copies de personnage des règnes de Louis XIII et Louis XIV.

La « galerie des rois de France » mène à l’oratoire situé dans la tour sud.

Bussy_Rabutin_9_Louis_XIV

 

 

Pour en savoir plus sur :

Regarder la vidéo  de ColineCelia sur le Château de Bussy Rabutin sur

http://www.youtube.com/watch?v=ANxW9FpfbLA

 et celle des Amis du château de Bussy Rabutin

http://www.dailymotion.com/video/xiks2y_chateau-de-bussy-rabutin_tv

BUSSY-RABUTIN Roger (1618~1693)
et

L’Histoire amoureuse des Gaules

 


 

[1] document rédigé à l’aide du guide vert Michelin de la Bourgogne 2006 (p176 177) ; photosNMS (juillet 2008)

 

[2] Groupe de deux vers renfermant un énoncé complet