LA RÉVOLTE DES MAU MAU AU KENYA (1952-1956)

      Protectorat britannique dès 1895, la colonisation des territoires de l'intérieur du Kenya s'effectua au fur et à mesure de l'avancée la construction du chemin de fer de l'Ouganda à Mombassa sur la zone côtière de l'Océan indien (1900). Le pays devint colonie de la couronne britannique, en 1920, sous le nom de Kenya.

      Sous le mandat britannique, la condition des Africains, auxquels les Blancs n'avaient pas laissé  plus d'un quart des terres cultivables, était misérable. Aussi la population africaine, qui luttait contre le travail forcé, réclamait-elle une nouvelle répartition des terres et la création d'écoles indigènes. Celle-ci trouva une organisation de défense  dans la Kikuyu Central Association créée en 1925, avec à sa tête Jomo Kenyatta. Ce dernier créa en 1947 la Kenya African Union, dont le programme comportait notamment l'abolition des barrières raciales et l'égalité des droits politiques.

      Vers 1952, une société secrète s'est formée dans les tribus Kikuyu, Embu et Meru. Les adeptes de cette société, les Mau Mau, étaient farouchement opposés au mode de vie occidental, étaient liés par des rites sauvages. Leur but était de chasser les Européens par le terrorisme.

     L'état d'urgence fut proclamé en 1952. Les Blancs répliquèrent aux atrocités commises par les Mau Mau par une répression impitoyable : 40 000 Mau Mau furent tués et 80 000 furent emprisonnés. Les autorités britanniques accusèrent Jomo Kenyatta d'être l'instigateur de ce mouvement en dépit de ses dénégations véhémentes. Kenyatta fut condamné à sept ans de prison en 1953.

      Cependant, cette révolte amena le gouvernement britannique à reconnaître le droit du Kenya à l'autonomie interne en 1961, et à accepter une juste représentation des Noirs au Conseil législatif. Elu aux élections de mai 1963, Jomo Kenyatta, devenu chef de l'Union Nationale Africaine (K.A.N.U), fut désigné comme Premier ministre, le 1er juin suivant.

Le Kenya devint pleinement indépendant le 12 décembre 1963. Il adopta, alors, un régime républicain et resta dans le Commonwealth.

Sources : Dictionnaire d'Histoire universelle Michel MOURRE - Jean-Pierre Delarge - Bordas