Dino BUZZATI (1906~1972) – BIOGRAPHIE – BIBLIOGRAPHIE 

 

Dino BUZZATI-Traverso de son vrai nom, est né dans le Frioul en Italie à Belluno le 16 octobre 1906. Son père, Giulio Cesare Buzzati, magistrat, président de la Cour d’appel de Venise, collaborait au « Corriere della Sera » en matière de droit international. Dès son adolescence, Dino a été en contact avec les représentants du monde journalistique milanais et souhaite devenir écrivain et journaliste. Son père meurt en 1920 d’un cancer du pancréas.

Après des études de droit entreprises en 1924,  il entre en 1928 en tant que chroniqueur au journal « Corriere della Sera » ou il est chargé d’élaborer des informations sur des faits divers recueillis par d’autres, de rédiger la critique musicale des spectacles les moins importants de la Scala.

L’ambiance très austère, les locaux du journal, le fait de rester enfermé dans son bureau, absorbé par ce travail monotone et fatigant jusque tard dans la nuit, de 1933 à 1939, tous ces éléments font prendre conscience à BUZZATI de la fuite du temps. En sera-t-il toujours ainsi ?

Intellectuel raffiné et sensible à l’absurde, BUZZATI, de retour chez lui compose des récits où un puissant sentiment d’étrangeté se dégage de la banalité la plus quotidienne. Il inaugure sa carrière littéraire avec Barnabo des montagnes en 1933, puis paraît en 1935, Le secret du bosco Vecchio.

 En 1936, il part en mission en Afrique dans le désert, comme correspondant et photographe du «Corriere della Sera ». Dans le Désert des Tartares, paru en 1940, il substitue l’atmosphère de la rédaction du journal à celle d’un fort militaire. Cette allégorie hors de tout contact avec la réalité du temps, dans laquelle il transmet sa perception de l’écoulement des heures et des journées, du temps pétrifié par la routine, traduit la sensation que l’univers vacille autour de l’homme. Le livre rencontre un succès immédiat et mondial et fut adapté au cinéma en 1976 par Valerio Zurlini sous le même titre, et fut tourné dans la forteresse de Bam dans le sud de l’Iran.

L’Italie entre en guerre en 1940. Le 30 juillet, BUZZATI est envoyé comme correspondant de guerre sur le croiseur Fiume, puis sur le Trieste. Entre juillet 1940 et 1942, il couvre de nombreuses batailles. Pendant les combats, il observe, prend des notes et photographie.

Le journal est passé à partir de septembre 1943 sous le contrôle des nazi-fascistes. Alors que nombre de rédacteurs sont en contact avec le parti communiste à l’intérieur du journal, lui reste politiquement non engagé, même après la guerre, dans les années 50-60 marquées par la forte politisation  des intellectuels. La crainte de la maladie, du licenciement font partie des obsessions de BUZZATI.

En 1959, il fait la connaissance d’une femme avec laquelle il vivra une histoire malheureuse qu’il sublime dans Un amour en 1963 qui décrit la passion dévorante d'un quadragénaire pour une jeune prostituée, et ses tourments savamment entretenus par elle. Le roman fut très mal accueilli par la critique ce qui n’empêcha pas le livre,d’être le best-seller de l’année, peut être à cause de son sujet.

En 1960, il rencontre Almerina Antoniazzi, mannequin, qu’il épouse et avec laquelle il partage un équilibre affectif basé sur la discrétion et sur le respect mutuel. Atteint à son tour d’un cancer du pancréas, il est décède à Milan en 1972.

BUZZATI, auteur de romans, a écrit aussi des contes, notamment Les sept messagers (1941), L’écroulement de la Baliverna, (1954), L’Image de pierre (1960), des pièces de théâtre, des poèmes, ainsi que des nouvelles dont la plus célèbre est Le K (1966). Peintre, il a fait une bande dessinée Poèmes bulles.

Sources : « Le petit Robert des noms propres » (2004), page357 ;
Internet, rosannadelpiano.perso.sfr.fr/ONPA_Buzzati_html.htm