29 juin 2010

CONTEXTE HISTORIQUE dans lequel se situe le roman Dans la main de l’ange de Dominique FERNANDEZ

CONTEXTE HISTORIQUE dans lequel se situe le roman Dans la main de l’ange de Dominique FERNANDEZ

 Après la première Guerre Mondiale, l’Italie se voit refuser la Dalmatie et Fiume par les traités de Saint-Germain-en –Laye (1919) et de Rapallo (1920). C’est une grande déception pour le courant nationaliste italien. Les socialistes profitent du mécontentement nationaliste, de la crise économique et du chômage pour organiser des grèves et des occupations d’usines. Mussolini (1883~1945) fonde les Faisceaux italiens du combat en 1919. Giolitti (1842~1928) à nouveau Président du Conseil en 1920 réussit à calmer l’extrême agitation et à rétablir l’ordre. Mais ce succès profite à Mussolini et Giolitti démissionne en 1921. Les gouvernements suivants sont trop faibles pour empêcher la montée du fascisme.

La « marche sur Rome » des Chemises noires (27 octobre 1922 )conduit Mussolini au pouvoir, avec l’accord du roi Victor-Emmanuel III (30 octobre 1922). La façade parlementaire est respectée avec seulement quatre fascistes sur les quatorze ministres jusqu’à l’assassinat du député socialiste Matteotti en 1924 qui a dénoncé les méthodes fascistes. Dès cette date, Giolitti passe à l’opposition. Il a soutenu jusque là le régime de Mussolini, croyant pouvoir « absorber » les forces fascistes.

En 1925, les « lois fascistes » organisent la dictature. La politique intérieure de Mussolini de mise en place d’une législation sociale , la réalisation de grands travaux, la disparition du chômage, les accords de Latran avec le Pape (11 février 1929) ainsi que sa politique de collaboration internationale marquée par des accords avec la Yougoslavie en 1924,l’adhésion à la SDN, au pacte Briand-Kellog[1], le front de Stresa[2] avec la Grande-Bretagne et la France en avril 1935, lui assurent une large adhésion des masses populaires.

 À l’étranger, Churchill (1874~1965), inquiet des progrès du communisme, soutient Mussolini  de même qu’Hitler sur lequel le Duce exerce une influence modératrice (envoi de troupes au col du Brenner après l’assassinat du chancelier Dollfuss en 1934, action à la Conférence de Munich en 1938).

Invoquant des incidents ayant opposé les Éthiopiens aux Italiens de Somalie, le gouvernement fasciste attaque l’Éthiopie en 1935. L’armée de Badoglio envahit le pays et le négus plaint vainement sa cause auprès de la SDN et doit s’exiler. L’Éthiopie est alors réunie à l’Érythrée et à la Somalie pour former l’Afrique-Orientale italienne et Victor-Emmanuel III prit le titre d’empereur d’Éthiopie en 1936.

Mussolini rompt alors avec les démocraties occidentales par la signature du pacte Antikomintern entre l’Allemagne, le Japon et l’Italie le 6 novembre 1937.

Le 7 avril 1939, les Italiens envahissent l’Albanie.

L’Italie entre dans la Deuxième guerre mondiale aux côtés de l’Allemagne le 10 juin 1940.

Lors du conflit mondial, un corps d’armée britannique chasse les Italiens d’Éthiopie et restaure le Négus.

Le début du XXe siècle connut une grande effervescence culturelle avec le futurisme qui fut partiellement récupérée par le fascisme.

 

L’Italie fasciste prend fin avec l’exécution de Mussolini le 28 avril 1945. La monarchie, compromise par vingt ans de collaboration ne peut y survivre : Victor-Emmanuel III abdique le 9 mai 1946 en faveur de son fils Humbert II. Ce dernier s’exile à la suite d’un référendum favorable à la République le 2 juin 1946.

Le traité de paix signé en 1947 impose à l’Italie l’abandon de Fiume, de la Dalmatie et des colonies africaines. Le pays sortie ruinée de la guerre effectue un redressement spectaculaire grâce aux efforts de toute la population et l’aide du plan Marshall (1948). Essor qui bénéficie par la suite de son entrée dans le Marché commun ( De Gasperi) notamment dans le secteur industriel, tandis que l’agriculture marque un certain retard.

Dans les années 1970, l’économie est touchée par une crise de croissance rendue plus aigüe par les difficultés sociales et la chute de la lire.

Pour rester au gouvernement, la démocratie chrétienne doit s’appuyer tantôt sur la droite (Segni), tantôt sur la gauche socialiste (Nenni, Saragat, Fanfani, Moro), voire communiste (Berlinger). L’instabilité ministérielle caractérise la vie politique italienne. Le pays et le théâtre de nombreux attentats et enlèvements revendiqués par l’organisation terroriste des Brigades rouges dont l’enlèvement et l’assassinat d’Aldo Moro en 1978. 


 [1] Pacte Briand-Kellog : Pacte signé le 27 août 1928 par lequel cinquante-sept pays condamnèrent la guerre « comme instrument de la politique nationale ». Aucune sanction n’étant prévue en cas d’infraction à ce pacte, il fut illusoire.

 

[2] Conférence de Stresa : Elle réunit du 11 au 14 avril 1935 les représentants de l’Italie (Mussolini), de la Grande-Bretagne (MacDonald et J. Simon) et de la France (Laval, Flandrin) qui à la suite du rétablissement par l’Allemagne du service militaire obligatoire s’entendirent pour s’opposer à toute violation du traité de Versailles.