01 juin 2010

Gabriel GARCIA MARQUEZ – BIOGRAPHIE - BIBLIOGRAPHIE

Texte mis à jour le 18 avril 2014

Gabriel Garcia Marquez est né en 1928, à Aracataca, petit village de Colombie. Il est journaliste, écrivain et auteur de cinéma.

C’est un conteur fantastique (Les Funérailles de la grande mémé, 1962 ; L’Incroyable et Triste Histoire de la candide Erendira et de sa grand-mère diabolique, 1972).

Il défend les droits de l’homme dans (L’Automne du patriarche, 1975).

Il est surtout l’auteur de Cent ans de solitude (1967) qu’il se plaît à dire, être le seul et même roman qu’il a commencé à écrire à l’âge de dix-sept ans et que Pablo NERUDA qualifia comme « la plus grand révélation de la langue espagnole depuis le Don Quichotte de CERVANTÈS ».

On lui doit également Chronique d’une mort annoncée (1981), L’Amour au temps du choléra (1985), Le Général dans son labyrinthe (1989).

Ses entretiens avec Plinio Mendoza ont paru en 1982 (Une odeur de goyave).

Le premier volume de ses mémoires, Vivre pour la raconter, est paru en 2003.

Gabriel GARCIA MARQUEZ est décédé, suite à une pneumonie, le 17 avril 2014 à Mexico où il vivait depuis plus d'une vingtaine d'années.

Gabriel GARCIA MARQUEZ a obtenu le Prix Nobel de littérature en 1982.Son œuvre témoigne de l’importance de la littérature latino-américaine dans le XXème siècle.


24 mai 2010

Jules RENARD - Le Journal - Biographie - Bibliographie

L'AUTEUR:

 Jules RENARD (Châlons-sur-Mayenne, 22 février 1864~Paris, 22 mai 1910) a commencé à écrire son journal en 1887 et l’a tenu jusqu’au 6 avril 1910, quelques semaines avant sa mort.

Jules RENARD est renommé en littérature pour son personnage Poil de Carotte, enfant non désiré et mal aimé de sa mère, héros du livre éponyme paru en 1894 et adapté au théâtre en 1900. Auparavant, il avait fait paraître l’Écornifleur. [Ces récits réalistes par leur sujet... offrent des croquis rapides et mordants où l’ironie se teinte de tendresse][1]. Élevé dans le Morvan, on trouve cette présence de la campagne morvandelle dans les Histoires naturelles (1896), sans doute son chef-d’œuvre [où ce « chasseur d’images » manifeste l’acuité de son regard à l’égard du monde animal dont il donne une interprétation poétique, parfois précieuse, parfois épigrammatiques][2].

Attiré par le théâtre, il a écrit de courtes comédies inspirées d’un naturalisme psychologique plutôt que social comme Le Plaisir de rompre (1897), Le Pain de ménage (1898), l’adaptation dramatique de Poil de Carotte (1900), Monsieur Vernet (1903) dans lesquelles le pessimisme et l’amertume se résolvent en humour et en cruauté.

Le Journal est indissociable de l’œuvre de Jules RENARD, certains disent qu’il est supérieur à son œuvre, ce qui est sûr c’est qu’il éclaire son œuvre.

Pour plus de renseignement sur sa biographie et sa bibliographie, suivre ce lien

 


 

QUELQUES NOTES ET REMARQUES PERSONNELLES

à propos de ce journal

 

L’écrivain : J.RENARD confie à son journal le malaise qu’il ressent devant la page blanche, son souci du langage et du style, ses recherches, ses scrupules, ses doutes, ses déceptions, ses corrections. Il y porte ses notes et remarques de lecture des grandes œuvres.

Il cherche à se situer dans la littérature et l’art dramatique et aussi par rapport aux écrivains de son époque.

Il n’est pas question d’utiliser des trucs, de se laisser aller à la facilité, de flatter le goût du lecteur ou du spectateur ni celui de l’éditeur ou du directeur de troupe. Il se sert du style pour mêler le tragique et le cocasse, l’ironie et la lucidité, la tendresse et le pessimisme. Le métier d’écrire est une épreuve sérieuse et grave. Il dit : « Mon style m’étrangle. »

Il n’invente pas de sujet, ni pour ses récits, ni pour son théâtre. Il se sert seulement de sa vie, fait peu de voyages et a peu d’excitations extérieures.

Une partie de sa vie est parisienne, c’est dans la capitale qu’il peut rencontrer les écrivains, échanger, se mesurer, se comparer avec eux. Il a l’ambition de devenir un grand auteur mais il est lucide quant à ses limites. 

 

Le témoin de son temps : S’il veut vivre de sa plume, il faut habiter une partie de l’année à Paris, se faire connaître, aller au-devant des éditeurs, des directeurs de théâtre, écrire des articles dans les journaux littéraires, faire des conférences, autrement dit, placer sa copie. Ces rencontres sont une source d’inspiration qui donne une succession de réflexions cruelles ou plaisantes sur les artistes et les écrivains du temps, l’ambiance des salles de rédaction, les coulisses des théâtres.

 Il trace des portraits de ses amis, des personnages qu’il fréquente, rapporte des propos tenus au cours de réunions, de banquets ou de repas, relate les conversations avec ses amis, raconte les répétitions de ses pièces, parle de ses rencontres avec Jaurès et Léon Blum.

Il se promène dans Paris sur le boulevard, au parc Monceau, est aux enterrements de ses contemporains décédés, assiste à des représentations théâtrales.

Jules RENARD vit aussi à la campagne. La nature qu’il décrit n’est pas une construction de l’esprit. Il observe les animaux, les éléments, la lune les sites. « Chasseur d’images », il en donne des instantanés, des interprétations poétiques, parfois précieuses, souvent anthropomorphiques. Les gens de la campagne morvandelle n’échappent pas à ses observations incisives et pénétrantes. Ni romantisme, ni réalisme complaisant dans ces scènes de la vie réelle parfois banales ou sordides, mais une succession de tableaux impressionnistes qui nous donnent une idée des conditions de vie du monde paysan avant la guerre de 1914, beaucoup mieux qu’un exposé ethnologique.

 

La famille : Son père, son frère font partie de son univers jusqu’à leur décès. En filigrane, il se reproche de ne pas être plus proche d’eux. Il est affecté par leur mort. Le suicide de son père est l’occasion pour lui de se poser des questions existentielles et de réflexions sur sa propre destinée. Sa mère, inchangée, est un objet d’étude, il accompli envers elle son devoir, ni plus, ni moins, il s’en protège en gardant ses distances. Dans cette mesure elle le laisse indifférent. Quant à sa sœur, elle est peu évoquée dans son journal. Il note des situations qu’il imagine dans lesquelles Poil de Carotte, Monsieur Lepic, Madame Lepic sont les héros, morceaux qu’il pourrait utiliser pour son œuvre.

L’image qu’il donne du couple qu’il forme avec Marinette est paisible. C’est une épouse attentive, compréhensive, apaisante, attentionnée, équilibrante pour lui, le tourmenté qui vit dans un doute constant.

Il rapporte dans le journal, quantité de mots de ses enfants (surtout de Baïe) dont il semble qu’il ait été très proche bien qu’il regrette de ne pas arriver à être plus intime avec son fils, Fantec. Son anxiété ses angoisses et ses inquiétudes lors de la maladie de sa petite fille est évoquée avec pudeur, on ne peut que compatir.

 

Les femmes : Dans son univers, il y a deux sortes de femmes : les « bonnes femmes » (dans le sens de femmes vertueuses et bonnes ménagères) et les « grues ».

Nombre de fois, il fait allusion au désir de femmes qu’il éprouve, mais il refuse de se laisser aller à la tentation. Jules RENARD qui n’était pas un homme de compromis et qui détestait les situations fausses, préférait surement assumer la frustration qui lui permettait de se consacrer à l’écriture.

Certains portraits de femmes sont particulièrement cruels. Il y fait souvent allusion aux odeurs corporelles qu’elles dégageaient qui était loin d’être en leur faveur.

 

La politique : Jules RENARD était dans le camp dreyfusard. À travers son témoignage, on perçoit combien cette affaire a divisé l’opinion entraînant des rancœurs farouches qui ont perduré bien après la réhabilitation du capitaine puisqu’il en fait encore référence à propos des réunions de la Société des Auteurs et de l’Académie Goncourt, les dernières années de sa vie. Il reproduit des propos anti-juifs tenus par des écrivains qu’il côtoie. Lui-même, malgré ses idées progressistes, caractérise certains comportements, attitudes, caractères physiques de Schwob, Mendès par le fait qu’ils appartiennent à « la race juive ». L’oppression du début du XXème siècle est en marche. 

 

Il se dit libre-penseur, il est même anticlérical. Il est maire de sa commune au moment de la séparation des églises et de l’État. Ses portraits des curés de campagne les présentent comme ignares, bornés, obscurantistes. Les deux partis se radicalisent de part et d’autre, dans une lutte ouverte s’exprimant par un sectarisme intolérant.

Il fréquente Léon Blum, est présenté à Jean Jaurès, assiste à un meeting, nous fait part de la création et des débuts du journal l’Humanité, y écrit des articles. Il se dit socialiste.

Mais il s’interroge sur la sincérité de son engagement qui devrait, pense-t-il, l’amener à tout partager, à renoncer à la vie bourgeoise qu’il mène avec sa famille et à laquelle il se sent attaché.

 

Les honneurs : Jules RENARD est sensible aux honneurs. L’épisode de l’attente, de l’obtention de la Légion d’Honneur. Ses nombreuses allusions au port de sa décoration, au fait qu’elle soit ou non remarquée de ses interlocuteurs, sa quête d’une reconnaissance admirative et que la porter l’engage dans un type de comportement, le prouvent.

Il aime être reconnu en tant qu’écrivain célèbre par ses ouvrages, mais s’il est vaniteux, il n’en est pas moins lucide dans la manière ironique dont il relate l’ignorance ou les confusions dont il est victime.

Il aurait aimé être élu à l’Académie française, il est quelque peu déçu de devoir se contenter de l’Académie Goncourt.

 

L’homme face à lui-même : Jules RENARD fait une introspection sans concession où se mêlent ironie, humour et nostalgie dans laquelle il est aussi sévère qu’il l’est pour autrui.

 

La mort : Elle est constamment présente dans son Journal. Elle est là, bien sûr, quand il est endeuillé, quand il accompagne le cercueil d’un ami ou d’un confrère, elle rôde et frappe dans les campagnes mais l’idée de la mort lui est familière. Vivra-t-il longtemps ? Aura-t-il le temps de laisser une œuvre ? Comment se présentera-t-elle ? Mettra-t-il fin lui-même à ses jours ? Il pense souvent au suicide et écrit que ce qui le retient, c’est la détresse de ses proches que provoquerait un tel geste.

Il parle plusieurs fois de la publication de son Journal, c’est surtout par lui qu’il survit encore aujourd’hui.

 De nos jours, le Journal, considéré comme un chef-d’œuvre du genre par de nombreux spécialistes, est programmé régulièrement pour des séances de lecture d’extraits choisis. Ce genre de production a été entre autres auditions organisées en province par d’autres troupes, à l’affiche du théâtre Hébertot à Paris mis en scène par Jean-Louis Trintignan, avec Jean-Louis Bérard Manuel Durand, Joëlle Bellemonte.

 

 

 


 

[1] Le Petit Robert des Nom Propres 2004

[2] Idem

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