01 juin 2010

GARCIA MARQUEZ Gabriel - Journal d’un enlèvement (1999)

Gabriel GARCIA MARQUEZ fait œuvre de journaliste dans ce livre où il relate l’enlèvement de neuf personnalités colombiennes par le bras armé du cartel de Medellín. Partant du témoignage des personnes qui ont été directement mêlées à ce drame dans lequel deux otages périrent, il nous relate les souffrances des victimes, l’angoisse de leurs proches, l’embarras du Président et de ses conseillers et la complexité des problèmes posés.

 Le gouvernement fédéral américain réclame l’extradition des dirigeants des cartels de la drogue vers les États-Unis où la plus grande partie des stupéfiants est écoulée. Le gouvernement colombien avait décidé de les anéantir. Les narcotrafiquants colombiens ont déclaré une guerre totale contre le gouvernement et s’attaquent directement aux responsables politiques par des attentats, des exécutions, des enlèvements et des prises d’otages parmi leurs proches.

Dans ce pays où les guérillas et les cartels de la drogue pratiquent les mêmes forfaits, les victimes ignorent qui a commis les rapts. Leurs conditions de captivités sont différentes suivant l’endroit où elles sont retenues et qui est chargé de leur garde. Leurs conditions de détention sont extrêmement dures. L’incertitude sur leur sort futur agit sur leur moral. Une vie humaine n’a de valeur que dans la mesure où elle peut servir un intérêt particulier.

L’auteur explique comment les familles des otages ont été mises au courant des kidnappings et leurs démarches en vue d’une intervention gouvernementale pacifique. Une action armée brutale serait l’arrêt de mort des prisonniers. Ils font pression pour que des narcotrafiquants comme les frères Ochoa et Pablo Escobar ne soient pas livrés aux pays demandeurs. Ils réclament l’engagement de négociations en vue de faire libérer leurs proches.

 Comment faire savoir à ceux qu’on aime que personne ne les oublie ? Comment soutenir leur moral ? Comment ne pas les couper du monde ? Les messages diffusés par Radio Caracol destinés aux otages des guérillas et des cartels parviennent parfois aux intéressés. Des responsables de productions télévisées s’arrangent pour faire paraître des familiers des victimes dans leurs programmes, afin de leur apporter indirectement des informations plus ou moins codées.

Le président et les responsables gouvernementaux, souvent personnellement touchés par ces chantages et ces exactions, partagent leurs interventions, entre intransigeance et tentatives secrètes de négociation, au moyen d’intermédiaires véreux plus ou moins fiables.

Une relation ambigüe faite de terreur, de haine, de méfiance, mais aussi de complicité et d’entraide lie les otages et leurs gardiens.

Le talent littéraire de Gabriel GARCIA MARQUEZ au service de la rigueur du journaliste, fait de ce récit un ouvrage d’information plein de sensibilité et passionnant.


GARCIA MARQUEZ Gabriel - Chronique d’une mort annoncée (1981)

Comme l’indique le titre, la mort de Santiago Nasar, a été annoncée par les frères Vicario à tous ceux qu’ils ont rencontrés dès l’aube du matin du meurtre.

Le narrateur a quitté Santiago Nasar après avoir passé une nuit blanche avec les derniers fêtards d’un mariage. De nombreuses années plus tard, il cherche à reconstituer les circonstances qui en s’enchaînant ont permis et même facilité la volonté aveugle du destin.

Les uns ont pris la proclamation des deux frères pour des propos d’ivrognes. Certains fatigués après la noce sont allés dormir, tout simplement. Le maire, le colonel Aponte s’est contenté de leur confisquer leurs couteaux de boucher avant d’aller se préparer, tout comme le Père Amador et la victime, à accueillir l’archevêque dont le passage est un évènement pour cette localité isolée. D’autres ont tenté de prévenir Nasar, mais un enchevêtrement de contretemps ou d’évènements imprévus les ont retardés ou ont détourné leur attention. Il en est qui n’ont rien fait par indifférence ou paralysés par une vieille rancune.

Gabriel GARCIA MARQUEZ, situe à nouveau ce roman dans cette région de Colombie de Ríohacha qu’il a bien connue. Province dans laquelle la population vivait en vase clos. Il traite les thèmes de l’honneur et de la fatalité avec son humour et son imagination débordante.

Posté par colinecelia à 21:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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