19 juillet 2010

LES GUERRES DE VENDÉE

LES GUERRES DE VENDÉE[1]

     On a donné ce nom aux guerres menées par les catholiques et les royalistes de l’ouest de la France contre la Révolution. Elles se développèrent dans le bas Poitou, l’Anjou, le bas Maine et la Bretagne méridionale.

     La Vendée n’avait pas été systématiquement hostile aux réformes de l’Assemblée constituante même si elle n’avait pas accueilli la Révolution avec le même enthousiasme que les autres régions de France. La vente des biens du clergé n’avait provoqué aucune révolte. Parmi les acquéreurs, on comptait même des nobles qui furent plus tard les chefs de l’insurrection comme Bonchamps et Lescure.

     La politique religieuse révolutionnaire provoqua la rupture morale entre la Vendée et le nouveau régime avec la Constitution civile du clergé (été 1790). La plupart des prêtres vendéens refusèrent de prêter serment. L’agitation se répandit dans la région dès 1791.

     Le décret sur la levée de 300 000 hommes voté par la Convention le 24 février 1793, ajouté aux difficultés économiques (disette, misère) provoqua le mécontentement des populations paysannes. Le 10 mars 1793, jour fixé pour le tirage au sort des jeunes vendéens, les paysans prirent les armes dans de nombreux villages. De graves échauffourées eurent lieu à Cholet, Saint-Florent-le-Vieil et Machecoul.

     Les insurgés vendéens (les Blancs) constituèrent une armée appelée d’abord « catholique et romaine », puis à partir de mai « catholique et royale ». Parmi leurs chefs on comptait des nobles comme Lescure, Bonchamps, d’Elbée puis La Rochejaquelein et Charette, des roturiers comme Cathelineau qui était colporteur et Stofflet qui était garde-chasse. La grande armée vendéenne compta jusqu’à 40 000 hommes dès le mois de mai.

     La Convention, qui devait faire déjà face à ce moment à la guerre étrangère, n’a envoyé que des recrues pour s’opposer à la guérilla de Vendée. Celles-ci, décontenancées se montrèrent incapables de faire face aux actions  des soldats-paysans. Après les villes prises en mars, les insurgés remportèrent des victoires et prirent les villes de Bressuire, Thouars, Parthenay, Fontenay en mai, Saumur et Angers en juin, et passèrent la Loire, mais ils échouèrent devant Nantes où Cathelineau trouva la mort.

      Pour écraser la révolte, le Comité de Salut Public prit des mesures rigoureuses : il décréta la peine de mort contre tous les vendéens pris les armes à la main (19 mars) puis il décida d’appliquer à la Vendée la politique de la terre brûlée (1er août). Il réunit deux puissantes armées républicaines : l’armée des côtes de La Rochelle commandée par Rossignol au Sud, l’armée des côtes de Brest commandée par Canclaux de Nantes pour former l’armée de l’Ouest sous les ordres de Léchelle, secondée par la garnison de Mayence qui fut envoyée en Vendée avec Kléber. Il faut aussi signaler Marceau parmi les chefs républicains. Les patriotes (les Bleus) reprirent Cholet le 17 octobre, Angers les 3 et 4 décembre, Le Mans le 13 décembre. Ils anéantirent l’armée vendéenne à Savenay le 23 décembre 1793.

     Les excès des forces de l’ordre répondirent aux massacres des républicains perpétrés par les révoltés vendéens. Des milliers de vendéens prisonniers furent fusillés ou noyés à Nantes par Carrier. Les « colonnes infernales » de Turreau sillonnèrent toute la Vendée afin de la transformer en désert. L’insurrection vendéenne était dans l’ensemble réprimée à la fin de 1793, mais La Rochejaquelein avait réussit à sauver son armée d’une ruine totale.

     Certains généraux Charette, La Rochejaquelein (tué au combat en mars 1794), Stofflet continuèrent la lutte, en particulier dans le Marais poitevin jusqu’en 1795~1796. La guerre avait changé de caractère. Les insurgés s’éparpillaient en petites bandes, les chouans, qui obstruaient les routes, arrêtaient les voitures, faisaient peser une menace permanente sur l’administration républicaine. Après la chute de Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet

 

 

[1] Sources : Dictionnaire d’histoire universelle en 1 volume de Michel MOURRE – Jean-Pierre Delarge (Bordas)

Le Petit Robert de noms propres