17 juin 2011

LE PIN BLANC D’AMÉRIQUE - LES CONSÉQUENCES DE SA SUREXPLOITATION AU XIXe SIÈCLE DANS LE MICHIGAN

LE PIN BLANC D’AMÉRIQUE - LES CONSÉQUENCES DE SA SUREXPLOITATION AU XIXe SIÈCLE DANS LE MICHIGAN

Situation géographique du pin blanc

 Il y a environ 6 000 ans, 30 à 40% de la composition forestière le long de la vallée du Saint-Laurent et dans la région des Grands Lacs étaient constitués de pins blancs (Pinus strobus L.). Cette espèce disparue d’Europe n’occupe aujourd’hui que la partie nord-est  du continent américain.

Conditions de développement du pin blanc 

 Cet arbre géant des forêts du nord-est de l’Amérique peut atteindre une hauteur de 40 à 60m, la souche dépasse souvent 1à 1,20m de diamètre. Si ses conditions de développement sont favorables, il a une croissance rapide et une longévité surprenante.

Cette essence qui peut s’adapter à une grande diversité de sols, voit sa croissance favorisée sur les sols sablonneux et bien drainés. La croissance des jeunes pins, qui nécessite la pénétration de la lumière dans le sous-bois, est compromise si elle se trouve en compétition avec celle d’autres espèces résineuses ou de feuillus. 

Adulte, ce pin s’adapte au feu. Sa résistance aux incendies modérés se renforce avec l’âge de l’arbre grâce à son écorce épaisse qui protège le tronc de la chaleur. D’autre part, la distance des premières branches du pin adulte au sol est souvent importante, ce qui isole le feuillage des flammes. Le passage du feu élimine la couche superficielle du parterre forestier et le dessus aéré de l’humus, et augmente la possibilité de germination. Le feu, en détruisant les espèces végétales sensibles au feu, ouvre le passage de la lumière jusqu’au sol et favorise la croissance des futurs plants.

Les incendies périodiques naturels (orages, sécheresse) ou provoqués par l’homme depuis des millénaires ont aidé le maintien et le renouvellement naturel de l’espèce.  

Certains pins blancs survivant de nos jours furent témoins au XVIIe siècle de l’arrivée des premiers explorateurs européens. Plus de 95% des millions d’hectares de pinèdes qui couvraient l’est de l’Amérique du Nord n’ont pas survécu à l’action des hommes.

 Les hommes et le pin blanc 

Une concordance de l’aire de répartition du pin blanc avec celle des territoires occupés par les premières populations humaines a été mise en évidence. De ce constat, a été suggérée l’idée que la pratique des brûlis largement utilisés tant pour l’agriculture, la chasse et l’aménagement du territoire par les peuples autochtones de l’Amérique du Nord, aurait, en plusieurs endroits, contribué à créer des conditions favorables au développement des grandes forêts de pins blancs.

En Amérique du Nord, le pin blanc a toujours fait partie de la vie des gens. Les populations autochtones recouvraient l’extérieur de leur maisons avec son écorce et utilisaient la résine mélangée à de la cendre pour calfater les canots d’écorces.

La région des Grands Lacs fut exploitée par les coupeurs de bois à partir de 1618.

La colonisation encore timide a fourni les première bases d’une exploitation des ressource forestières concentrée le  long des cours d’eau pour satisfaite aux besoins locaux.

Les premiers colons de la Nouvelle Angleterre appartenaient à des sectes protestantes. Leur interprétation littérale de l’Ancien Testament plaçait l’homme au sommet du reste de la création. L’homme pouvait donc dominer la terre. S’installer, au détriment des populations autochtones, des animaux et des plantes, n’était pas un problème moral. Certains parmi ces colons étaient prédestinés à être des élus.  L’Amérique était le paradis terrestre promis aux élus par Dieu. Devenir riche était leur récompense.  

Au début du XIXe siècle, l’exploitation intensive des pins blancs d’Amérique du Canada et du Nord-est de la Nouvelle Angleterre commençait à poser des problèmes de raréfaction. La frontière forestière a progressé de l’Est vers l’Ouest en fonction de l’épuisement des ressources.   

Le Michigan accueillit une vague d’une centaine de milliers d’immigrants après l’ouverture du canal Érié en 1825, qui favorisait le commerce dans les Grands Lacs. Après son entrée dans les États-Unis, une vague de près de 380 000 immigrants de 1837 à 1860 y afflua. Ces migrants étaient originaires des États de l’Est de l’Union, du Nord de l’Europe ou du Canada. Certains ont profité de l’opportunité d’acquérir à bon prix des terres fertiles pour s’installer comme colons dans une région encore vierge, repoussant la frontière des terres agricoles vers l’ouest. D’autres se faisaient embaucher comme travailleurs dans l’agriculture, l’exploitation du bois et dans les années 1840 dans les mines de cuivre et de fer de la Péninsule Nord. Les besoins grandissants, la présence des Grands lacs s’accompagnaient des perfectionnements techniques de la hache, l’utilisation de la hache à double tranchants, des cognées, des scies à double poignées, des scies à chaîne. L’installation dans un premier temps de scieries à eau puis de scieries à vapeur favorisèrent l’exploitation intensive des forêts. La production de pins du Michigan a rapidement progressé dans les années 1850. Elle a enregistré une hausse majeure, des années 1864 au début des années 1870. Grâce à la mise au point d’un nouveau type de locomotives à vapeur pour extraire les grumes, en 1880, des endroits trop pentus et très accidentés devinrent accessibles.

En 1891, les pinèdes du Michigan étaient épuisées. La frontière forestière continua sa progression vers le Wisconsin, le Minnesota et le nord-ouest du Pacifique. On estime qu’à cette date, 160 milliards de Pieds planche (37 millions 760 mille stères) ont été récoltés dans les pinèdes du Michigan. L’Amérique de la deuxième moitié du XIXe siècle s’est construite à partir du bois de cette magnifique forêt primitive.

De 1860 à 1910, d’immenses fortunes se sont constituées au Michigan avec la récolte, le sciage de grumes, et la commercialisation du bois d’œuvre. Les forêts épuisées, les tenants des fortunes  réalisées dans l’exploitation forestière, ainsi que celle des mines de cuivre et de fer de la Péninsule Nord, ont investi de l’argent dans l’industrie automobile naissante, ce qui est une des principales raison de sa concentration  à Detroit, dans le Michigan.

 Fonctionnement de l’exploitation forestière 

Les entrepreneurs forestiers amenaient avec eux des capitaux, des techniques et de la main d’œuvre spécialisée. Les fermiers et les ouvriers agricoles migraient l’hiver vers les exploitations forestières comme bûcherons.  L’abattage se faisait le long des cours d’eau. Les troncs étaient poinçonnés, stockés sur les rives en attendant le printemps. Durant le dégel, les troncs flottaient jusqu’aux lacs où ils étaient assemblés en énormes radeaux, ou bien les grumes étaient attachées les unes aux autres pour former des cordons. Ces radeaux et ces cordons étaient ensuite tirés par des remorqueurs à vapeur jusqu’aux scieries. Plus tard, afin d’éviter les inconvénients pour la navigation que provoquaient les troncs à la dérive détachés des assemblages, des bateaux spécialement équipés pour le transport des grumes acheminèrent le bois d’œuvre jusqu’aux points de transformation.

Parmi les ouvriers, il y avait des Autochtones, des Canadiens, des Irlandais, des Finnois, des Suédois, des Norvégiens, des Allemands. Ces bûcherons passaient l’hiver dans les bois dans des conditions semblables à celles répandues en Europe à cette époque, travaillant 12 heures par jour, six jours sur sept, à transporter, empiler les grumes. Des haricots, le plus souvent accompagnés de poisson grillé pêché sur place ou parfois de gibier abattu à proximité du campement, constituaient la nourriture de base.

 Utilisation 

Le bois de pin blanc léger et fort servait à la construction de navire et de bâtiments, à étayer les galeries très profondes des mines de cuivre et de fer. À partir des années 1860, le bois abattu alimentait aussi les nombreuses fabriques de pâte à papier.

  Conséquences écologiques 

 -  Raréfaction de l’espèce : L’été 1871 fut particulièrement sec dans le nord du Middle-west. La moindre étincelle pouvait être à l’origine de départ de feu. Les pratiques combinées de brûlages agricoles et de l’exploitation forestière qui ne tirait parti que des grumes et laissait sur place les branchages  et les déchets particulièrement inflammables, provoquèrent des incendies gigantesques qui ravagèrent le tour du « pouce » du Michigan, la ville de Chicago et les vallées de la Presqu’île Nord.[1]

On parla de mesures préventives, mais l’exploitation forestière frénétique n’en a pas moins continué, s’enfonçant plus profondément dans les terres. Les forêts furent à nouveau la proie d’énormes incendies en 1881, 1891 et plus tard au Minnesota en 1917.

Une fois cette ressource épuisée, les bûcherons ont dû utiliser d'autres espèces, et ont abattu des feuillus tels que l'érable, le noyer et le chêne, pour fabriquer des meubles, des tonneaux et des produits spéciaux.

La coupe « à blanc » de ces arbres plusieurs fois centenaires, non remplaçables à court termes, était la méthode habituellement pratiquée. À la faveur des espaces libérés, des érables, des sapins se sont implantés entrant, pour les apports en eau, substrats et lumière, en concurrence avec les jeunes pins devenus de ce fait minoritaire. Les sols des terrains dénudés ont été souvent entraînés dans les cours d’eau et les lacs. De vastes étendues de vieilles souches calcinées des nombreux endroits semi-désertiques de la Péninsule Nord du Michigan témoignent des conséquences de la cupidité humaine. D’autre part, en plusieurs points, le choix d’abattre les plus beaux spécimens n’a laissé sur place que des sujets moins vigoureux, malades ou carencés, compromettant la perpétuation de l’espèce.

- La biodiversité : Les graines du pin blanc nourrissent d’une grande variété d’oiseaux, et de petits mammifères. Le feuillage est brouté par les lièvres et les cerfs de Virginie. Les aigles, les pics et plusieurs mammifères se réfugient dans les pins  rescapés. Les grands pins voient souvent les ours noirs creuser leur tanière entre leurs racines. Plus tard, les hautes branches abriteront les petits.

- Les réserves naturelles : Quelques réserves fondées au début du XXe siècle, à partir de 1928, peuvent donner une idée de ce à quoi ressemblait la forêt ancienne des grands pins blancs d’Amérique. C’est le cas du Hartwick Pines State Park dans l’État du Michigan où 49 acres (20ha) sur les  9 672 acres (39,2 km²) de l’étendue du parc témoignent  de l’apparence que pouvait avoir la forêt primitive de pins blancs et pins rouges dans tout le Nord du Michigan avant l’époque de l’exploitation forestière.

 Sources :

http://terrescontees.free.fr/pays/Am%E9rique%20du%20Nord/michigan.htm

http://gleams.altarum.org/glwatershed/atlas/glat-chap3-f.html

http://translate.google.fr/translate?hl=fr&langpair=en|fr&u=http://www.designerswithoutborders.org/pdfs/D%26Dfinal.pdf

 http://translate.google.fr/translate?hl=fr&langpair=en|fr&u=http://www.geo.msu.edu/geogmich/whitepine-loggingII.html

http://translate.google.fr/translate?hl=fr&langpair=en|fr&u=http://en.wikipedia.org/wiki/Eastern_White_Pine

http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-217/Pin_blanc_d%27Am%C3%A9rique:_pr%C3%A9servation.html



[1] Une autre théorie, déjà proposée dès 1882, est avancée par l’ingénieur et physicien Robert Wood, lors d’une conférence en 2004 de L’Aerospace Corporation et de l’American Institute of Aeronautics and Astronautics à propos de l’origine de ces multiples départs d’incendies des 8 au 10 octobre 1871. Il suggère que le feu a démarré suite à l’explosion de la Comète de Biela , le 8, au dessus du Middle West. Le même jour que l’incendie de Chicago, quatre foyers se sont déclarés sur les rives du Lac Michigan, ce qui fait penser à une cause commune. D’après Robert Wood, ce pourrait être le méthane généralement contenu par les comètes qui expliquerait les combustions spontanées, l’absence de fumée et les « boules de feu » évoquées par des témoins visuels. http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_incendie_de_Chicago

http://echelledejacob.blogspot.com/2011/04/lete-1871.html

http://fr.sott.net/articles/show/3338-La-comete-Biela-et-la-vache-de-Mme-O-Leary

 

 

 

 


12 juin 2011

Jim HARRISON (1936) – De Marquette à Veracruz(2004)

Jim HARRISON (1936) – De Marquette à Veracruz(2004)

traduit de l’anglais par Brice MATTHIEUSSENT[1]

 

« Je ne me déteste pas, mais j’ai la mâchoire suffisamment saillante pour me rappeler mon arrière-grand-père, mon grand-père et mon père. J’ai eu beaucoup de chance quand les traits délicats de ma mère ont modéré mon héritage paternel, moyennant quoi les plus vieux habitants de la Péninsule Nord du Michigan ne se détournaient pas aussitôt de moi, réduits au silence par le malaise et l’effroi. », ainsi se décrit David Burkett, quatrième d’une lignée de David Burkett remontant aux années 1860. Pourtant né avec une cuiller d’argent dans la bouche, mais il se considère porteur d’une tare rédhibitoire et n’aura de cesse de la repousser. Il ne la crachera qu’à l’issue d’un itinéraire de formation de trois décennies qui se soldera à Veracruz.

Les deux premiers David ont bâti leur fortune sur l’extraction drastique et le commerce de milliards de stères de bois d’œuvre de la Péninsule Nord  du Michigan.

 Contrairement à Cynthia, sa sœur cadette, délurée, teigneuse et provocatrice, le garçon est un tendre, soucieux du regard porté sur lui par autrui, rêveur, amoureux de la nature et passionné de parties de pêche en compagnie de son ami Glenn. Leurs parents vivent des rentes des fortunes héritées de l’exploitation des ressources naturelles du Sud du Lac Supérieur par leurs  aïeux. Ils partagent leur vie oisive en loisirs et fêtes, fréquentant des nantis de même acabit, entre Marquette l’hiver où se trouve la maison familiales, sur leurs lieux de vacances respectifs où leur bungalow au sein d’un club privé.
         Lorsque nous faisons sa connaissance dans les années soixante, le narrateur est un adolescent en pleine crise identitaire. Comment s’identifier à ces Burkett capables de tout pour assouvir leur avidité? Comment s’identifier à ce père, David le troisième, cet ivrogne pervers, roublard, en tête du palmarès du viol de gamines à peine pubères, cet homme égoïste, imbu de son statut social, qui se place au-dessus de la morale commune en achetant le silence des victimes de ses obsessions  pédophiles et de ses orgies ? Quelle consolation trouver auprès d’une mère malheureuse, réfugiée dans l’oubli procuré par l’alcool et les antidépresseurs ?

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Le repentir par procuration de David commence par une conversion à l’église méthodiste[1], église schismatique de l’église anglicane épiscopalienne à laquelle appartient sa famille, afin de devenir pasteur. La méthode du pasteur John Wesley renforce sa hantise de rachat du péché originel et de sanctification personnelle. Le jeune homme renoncera au sacerdoce et décidera de se consacrer à la dénonciation des déprédations irréversibles exercées par sa famille.
         Le père de David est assisté de Jesse son homme à tout faire. Jesse, d’origine mexicaine a obtenu la nationalité américaine pendant la guerre du Pacifique où il a servi sous les ordres de Mac Arthur avec son patron. Il a décidé de revenir avec sa fille, Vera, d’une de ses visites annuelles à sa famille restée au Mexique. Promu répétiteur de Vera pour l’apprentissage de l’anglais, David en tombe secrètement amoureux. Sa protégée est une fillette intelligente et enjouée d’une douzaine d’années qui diffuse son entrain et sa bonne humeur à toute la maisonnée. C’est le viol de cette enfant par M. Burkett père qui provoquera la dislocation de la famille. Un délit resté impuni, évidemment !

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          Enceinte à seize ans d’un condisciple du lycée, Cynthia est la première à fuir cette ambiance folle. Situation d’autant plus scandaleuse, pour une fille d’une grande famille du Mississipi, que le père est Donald, un sang-mêlé finnois et indien chippewa, fils du fidèle jardinier Clarence, vétéran de la guerre de Corée.

        La progression du cheminement vengeur de David  s’identifiera rapidement à un parcours initiatique. Il est soutenu par Fred, l’oncle pasteur alcoolique «qui jouait les funambules entre deux mondes», attiré par les philosophies asiatiques, écarté du ministère sur plainte de ses paroissiens. Son affection pour sa sœur Cynthia et pour Carla sa chienne, les femmes qui ont compté pour lui, Laurie son premier amour, Riva la Noire qui a consacré sa vie aux enfants en difficulté, Polly son ex-épouse avec laquelle il ne voulait pas avoir d’enfant, Vernice la poétesse, aideront à sortir ce « pète-sec » de son petit moi. Les  travaux d’endurance en compagnie des travailleurs manuels, l’écoute des démunis, des victimes de l’exploitation des territoires du Nord, de Clarence et de Jesse le feront émerger de son exil expiatoire et de ses contradictions. Toutes ces rencontres l’aideront à approfondir  ses motivations, à réfléchir sur les problèmes existentiels que sont la religion, le désir, le sexe, l’amour, le sens de la vie, la mort.

PAPO Le plongeon huard

 

David constatera la naïveté de jeter l’opprobre sur les générations antérieures. La cupidité de ses ancêtres n’est pas vécue par les bûcherons survivants de la manière qu’il imagine, c’était le bon temps qui leur fournissait un travail certes dangereux, rude et pénible, mais il permettait de nourrir leur famille. Le malaise et l’effroi qu’il croit percevoir chez eux ne concernent-il pas plutôt l’usage que la génération présente fait de sa fortune et de l’orientation de son appétit du gain ? Surpris de la réticence de ses amis désargentés envers sa générosité financière, cet enfant gâté découvrira que l’argent s’échange. Sans contrepartie de sa part, le bénéficiaire se sent avili.

Goinfrerie et cuisine élaborée, beuveries à la bière, au whisky et dégustation de vins fins, débordements érotiques et retenue puritaine, haine et amour, fortunes colossales et misère, détails triviaux et méditations philosophique, théologique et culturelles, propriétés luxueuses et modestes chalets inconfortables, immensité des magnifiques paysages et friches lamentables, abondance de gibier et massacre d’espèces animales,  solitude absolue et promiscuité des cités, monotonie des routes interminables et encombrement urbains, liberté des grands espaces et regroupements ethniques, enfermement volontaire de riches résidents, froids polaires, tempêtes de neige, orages terrifiants, chaleur accablante,  villes gigantesques  donnent un aperçu des excès de l’Amérique du Nord contemporaine.

PAPO Opossum

Les lecteurs prennent connaissance du dénouement de l’histoire dès le début du roman. Pourtant, au cours de la lecture, quelques doutes naissent quant à la nature de cette page et demie écrite en italique et puis non, on la retrouve bien à la fin. Entre ces pages, une partie est consacrée à chaque décennie, les années soixante,  les années soixante-dix, les années quatre-vingt dans lesquelles la chronologie n’est pas toujours suivie. Un épilogue termine la narration.

Dans les romans précédents Dalva (1987), puis La Route de retour (1998), Jim HARRISON avait abordé les conséquences de l’invasion des immigrants européens en Amérique du Nord sur le sort des populations autochtones. Dans De Marquette à Veracruz, il élargit le thème vers celui du comportement des hommes envers la nature, leur héritage commun. Il resitue la colonisation européenne de l’Amérique, l’asservissement et l’extermination des populations autochtones dans la continuité de l’histoire universelle de l’humanité. Il remet l’espèce humaine à la place de prédateur qu’elle occupe depuis la nuit des temps et souligne la légèreté de sa conduite égocentrique, laquelle provoque des dégâts irréversibles sur l’environnement jusqu’à compromettre l’équilibre la biodiversité de notre planète

Lien vers :

BIOGRAPHIE ET BIBLIOGRAPHIE de Jim HARRISSON

http://colinecelia.canalblog.com/archives/2011/01/23/20197744.html

LE PIN BLANC D’AMÉRIQUE - LES CONSÉQUENCES DE SA SUREXPLOITATION AU XIXe SIÈCLE DANS LE MICHIGAN

Jim HARRISON (1936) – Retour en terre (2007) suite de De Marquette à Veracruz

http://colinecelia.canalblog.com/archives/2011/07/03/21533906.html


[1] Le méthodisme, l’Église épiscopalienne, John Wesle, voir ORIGINE DE QUELQUES EGLISES PROTESTANTES  : http://colinecelia.canalblog.com/archives/2011/06/26/21487081.html



[1] Brice MATTHIEUSSENT (1950) est diplômé de l’E.N.S. des Mines de Paris (1973), est titulaire d’une licence et Maîtrise de philosophie (1974) et d’un doctorat d’Esthétique. Il enseigne l’histoire de l’art contemporain et l’esthétique à l’École Supérieure des Beaux-arts de Marseille depuis 1990 et enseigne aussi  à l’École Nationale Supérieure de la photographie à Arles. Il participe aussi au Mastère de Traduction Littéraire de Paris. Il est traducteur de nombreuses fictions de langue anglaise depuis 1975 et est directeur de collection aux Éditions Bourgois à Paris depuis 1990. Il auteur d’un roman paru en 2009, Vengeance du traducteur.

 http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=auteur&numauteur=250

"Jim Harrison de A à X" de Brice MATTHIEUSSENT

http://www.christianbourgois-editeur.com/une-nouvelle.php?Id=50

 


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05 juin 2011

Louis-Ferdinand CÉLINE (1894~1961) - BIOGRAPHIE - BIBLIOGRAPHIE

Louis-Ferdinand CÉLINE (1894~1961) - BIOGRAPHIE -BIBLIOGRAPHIE

 

        CÉLINE, de son vrai nom Louis-Ferdinand DESTOUCHES, est né à Courbevoie en banlieue parisienne en 1894. Son père était employé au service de la correspondance dans une compagnie d’assurance et sa mère possédait un commerce de dentelles. Ses parents ne s’entendent guère et connaissent d’incessants problèmes financiers. L’enfant trouvera soutien et réconfort auprès d’un oncle et de sa grand-mère maternelle dont il choisira le prénom comme pseudonyme en 1932.

Il passe son certificat d’études, quitte l’école, effectue des séjours en Allemagne et en Angleterre, avant d’être placé comme apprenti dans divers commerces.

Il s’engage dans la cavalerie où il deviendra maréchal des logis. Il a 20 ans en août 1914, quand la guerre éclate. Il est blessé au bout de 3 mois et est démobilisé l’année suivante. Cette expérience fera de lui un pacifiste acharné.

Il fait une courte expérience conjugale en Angleterre.

De 1916 à 1917, il s’embarque pour l’Afrique de l’Ouest où  il est surveillant de plantation pour une compagnie forestière. De santé fragile et déçu de ne pas avoir fait fortune, il rentre en France à la fin de la guerre.

Profitant des mesures prises en faveur des anciens combattants, il passe son baccalauréat en 1919 et s’engage dans des études de médecine au cursus accéléré de 5 ans.

En 1919, il épouse la fille d’un professeur de médecine.

Après sa thèse, il entre à la S.D.N., à la section d’hygiène, à Genève. Ce poste l’amène à faire de nombreux voyages. Il s’intéresse à la médecine du travail aux États-Unis. Il découvre New York et les usines Ford de Detroit.

Il divorce en 1926 et vit avec une danseuse américaine Élisabeth Craig.

En 1928, il s’installe à Clichy où il ouvre un cabinet privé puis travaille au dispensaire municipal.

En 1932, son père  meurt, il fait paraître chez Denoël, Voyage au bout de la nuit.

En 1933, Élisabeth Craig rompt avec lui et retourne définitivement aux État-Unis.

En 1936, c’est la parution de Mort à crédit qui est reçu fraîchement.

Il rédige ensuite Casse-pipe, un roman de l’expérience militaire qui paraîtra en 1949.

Il compose des arguments de ballets, des essais théâtraux, des synopsis de films et surtout des pamphlets connus pour leur violence : Mea Culpa en 1936 qui s’attaque surtout au communisme soviétique, et pour leur antisémitisme ordurier : Bagatelles pour un massacre en 1937, L’École des cadavres en 1938  où est affirmée sans ambiguïté son admiration pour Hitler et enfin nettement pro allemands avec Les Beaux Draps, ainsi qu’une longue série d’articles favorables à la politique de Vichy.

En 1943, il épouse Lucette Almanzor, une danseuse rencontrée en 1935 qui l’accompagnera jusqu’à sa mort.

En 1944, paraît la première partie d’un nouveau roman rédigé pendant la guerre, Guignol’s band, et dont la seconde partie sera publiée de manière posthume en 1964, sous le titre Pont de Londres.

Au lendemain du débarquement allié, CÉLINE, accompagné de sa femme,  suit Pétain et ses collaborateurs à Sigmaringen, parvient, en 1945, à rejoindre Copenhague au Danemark où il a mis de l’argent en sûreté. Il est extradé pour ses activités collaborationnistes par la France et est incarcéré pendant deux ans. Il sera libéré en 1947 et restera en exil au Danemark. À la suite d’une amnistie, il rentre en France, en 1951, mais est condamné à l’indignité nationale et à la confiscation de ses biens.

Il s’installe à Meudon où il ouvre un nouveau cabinet médical et revient à l’écriture.

Il raconte ses années d’errance et règle ses comptes dans Une féerie pour une autre fois qu’il publie en 1952. En 1954, c’est la publication de la seconde partie de Féerie sous le titre de Normance, et de l’interview imaginaire où il aborde quelques points de sa poétique, Entretiens avec le professeur Y.  Les critiques et le public lui restent hostiles et le boudent.

En 1957, paraît Un château l’autre qui retrace l’épisode peu glorieux de Sigmaringen qui rencontre le succès. Mais Céline reste un auteur sulfureux.

Il poursuit le récit de ses tribulations allemandes dans Nord (1960) et dans Rigodon (posthume 1964).

Dans ces derniers romans, il apparaît sous son vrai nom et dans des circonstances réelles transposées par l’imaginaire.

Lien pour consulter le message sur Voyage au bout de la nuit (1932)

À voir à propos de Céline et son œuvre, son antisémitisme, sa collaboration et son attitude après son retour en France, la vidéo publiée le 17 oct. 2011 par Arteplus7 : Le procès Céline

 ainsi que Les entretiens à Meudon ( en 2 parties) sur la même chaîne

1ère partie

2ème partie

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29 mai 2011

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT (1932) - Louis-Ferdinand CÉLINE (1894~1961)

 

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT (1932) - Louis-Ferdinand CÉLINE (1894~1961)

Le livre se résume dans son titre Voyage au bout de la nuit.

LA NUIT

La nuit  est du côté de la Terre qui n’est pas éclairé par le soleil. C’est ce qu’on ne voit pas, la face cachée des institutions (l’armée, la recherche médicale, le clergé, le commerce, la psychiatrie), des lieux (la banlieue des villes, leurs bas-fonds, les cours intérieures, les coulisses du théâtre, les maisons closes), des personnes (les sentiments profonds, inavouables, refoulés).

La nuit, c’est l’envers du décor, le côté des idéaux politiques et sociaux, l’envers des valeurs morales.

La nuit, c’est ce que vivent  ceux qui ont perdu leurs repères, les fous, les aveugles.

La nuit, c’est la mort. C’est aussi l’enfer.

LE VOYAGE

Le voyage est une anti- épopée  burlesque et amère, un voyage initiatique vécu par le narrateur, Ferdinand Bardamu,

- Pendant la guerre de 1914-18, dans les coulisses du front, des postes de commandement, à l’arrière dans les hôpitaux avec les convalescents qui ont été blessés dans leur corps, dans leur tête et ont perdu leurs illusions, dans le Paris des permissionnaires, des « planqués », des œuvres caritatives

- En Afrique coloniale et colonisée, dans la brousse

- En Amérique, aux Etats-Unis, à New York, du côté des pauvres, des émigrés, des chercheurs d’emploi, des ouvriers sur les chaînes des usines Ford, à Detroit.

En banlieue parisienne où médecin des pauvres, Barnamu survit à peine et partage le sort misérable de ses patients à une époque sans protection sociale.

À Paris, dans un hôtel meublé pour carabins désargentés, les coulisses d’un cabaret, les maisons closes, les hôtels de passes.

Dans une institution pour aliénés désignée sous l'euphémisme de « maison de santé »

      Le roman est une auto fiction dans laquelle se retrouve l’expérience de CÉLINE qui a vécu dans tous les endroits fréquentés par Bardamu, comme soldat, employé de plantation en Afrique coloniale, médecin à la S.D.N. et en banlieue parisienne pauvre, ami et époux d’artistes.

      LE NARRATEUR s'exprime en langage parlé populaire aux tournures riches et argotiques. Antihéros, tour à tour, simple « troufion », employé subalterne, esclave galérien, immigré, gigolo entretenu par des artistes qui se prostituent, et enfin modeste médecin fauché et sans prestige, il vit les pires expériences et les révèle sous leur aspect habituellement caché.

      Bardamu se présente comme un raté, peureux, prêt à toutes les lâchetés pour se tirer d’embarras. Un être sans ambition, sans idéal, non sans repères moraux car il est conscient de les franchir. Un pleutre incapable de résister à l’attrait de Léon Robinson, son âme damnée, qu’il retrouve à toutes les étapes de son voyage.

     Robinson qui ne supporte aucune contrainte, capable de toutes les turpitudes, même tuer. Rendu momentanément aveugle il le précède dans la nuit. Lui ira au bout de la nuit. Il est celui qui suit ses pulsions, celui qui passe à l’acte.

     Dans ce roman, le narrateur, homme du peuple, fait parler le peuple, montrant sans mélo, sans populisme, un personnage qui évolue en faux naïf dans un monde malsain, sale, pervers. Un homme qui jette un cri de révolte et de désespoir.

     LE STYLE est familier, très imagé, riche des tournures populaires et de l’argot, bien documenté. Le rythme est véhément et d’un lyrisme haletant.

   LES PERSONNAGES sont décrits scientifiquement, médicalement. L’homme n’est qu’un être en décomposition comme le monde qu’il a construit et ce qu’il produit.

   Certaines scènes nous plongent dans  le surréalisme et l’absurde :

     - L’engagement à l’armée de Bardamu, suivant les sergents recruteurs, évoque le conte d’ANDERSEN du « Joueur de flûte ».        
      - L’exercice des miliciens du sergent Alcide chaque matin sur la plage, « en s’imaginant des sacs, des chaussures, voire des baïonnettes et plus fort encore, en ayant l’air de s’en servir…vêtus d’un semblant de culotte kaki. Tout le reste devait être par eux imaginé et l’était. »
     - Bardamu, aux portes de l’immigration, transformé en agent « compte-puces » dans les services de la « Quarantaine » à son arrivée aux Etats-Unis obsédés de statistiques.
           - La visite du caveau de la mère Henrouille.
         - Le voyage au pays des morts alors qu’il raccompagne Tania et traverse un cimetière Montmartre fait penser à la représentation de WALD DISNEY dans le dessin animé Fantasia d’Une Nuit sur le Mont Chauve de MOUSSORGSKI.

     Seules lueurs dans ce tableau sordide et déprimant, Alcide qui se sacrifie pour faire élever sa nièce dignement, Moly, Bébert.

     Il se penche sur des valeurs comme l’autorité, la justice, la compétence professionnelle, la connaissance, la bravoure, l’héroïsme, pour en dénigrer les travers, les ridiculiser, et montrer la futilité de leurs représentants.

    Il met en évidence la fragilité de la frontière entre folie et simulation, entre raison et aliénation, entre vie et mort et souligne leur interpénétration.

    C’est un roman très riche et perturbant. À la fin de chaque étape de ce voyage, le lecteur se réveille d’un cauchemar,amer et mal à l’aise, pour replonger aussitôt dans son atmosphère morbide et délétère. CÉLINE le rend complice de  Bardamu. Il l’entraîne malgré lui, témoin et acteur impuissant, dans des évènements incontrôlables et malsains.

 lien vers : Louis-Ferdinand CÉLINE (1894~1961) - BIOGRAPHIE - BIBLIOGRAPHIE


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22 mai 2011

De François 1er à Henri IV, les familles nobles impliquées dans les guerres de religion

De François 1er à Henri IV, les familles nobles impliquées dans les guerres de religion, en France

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Familles_nobles_impliquées_dans_les_guerres_de_religion_en_France_de_François_1er_à_Henri_IV

A l’époque des guerres de religion, les descendants d’Anne de Bretagne XVe et XVIe siècles (pdf)

http://colinecelia.canalblog.com/archives/2011/05/22/21199210.html

Voir aussi : Les dernières Dames de Montargis

 

http://colinecelia.canalblog.com/archives/2011/05/15/21140076.html

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A l'époque des guerres de religion, les descendants d'Anne de Bretagne, Reine de France, XVe et XVIe siècles

A l'époque des guerres de religion, les descendants d'Anne de Bretagne, Reine de France,XVe et XVIe siècles

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Descendants_d_Anne_de_Bretagne_reine_de_France_

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Les familles nobles impliquées dans les guerres de religion de François 1er à Henri IV  cliquez pour accéder au document (pdf)

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A propos de Renée de France et sa fille Anne d'Este:

LELOUP–AUDIBERT Huguette – Les dernières Dames de Montargis

Au temps des guerres de religion

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15 mai 2011

LELOUP–AUDIBERT Huguette – Les dernières Dames de Montargis - Au temps des guerres de religion

LELOUP–AUDIBERT Huguette – Les dernières Dames de Montargis

Au temps des guerres de religion

Dans les années 1970, la communauté protestante de la région de Montargis choisissait Renée de France pour nommer son nouveau temple construit sur la colline qui domine la ville. Ce choix  remettait en mémoire l’importance qu’avaient eu Renée de France (1510~1575) puis sa fille Anne d’Este (1531~1607), les deux Dames qui se succédèrent à la tête de la seigneurie de Montargis au XVIe siècle. Progressivement, les intérêts et les enjeux politiques et religieux, locaux et nationaux, postérieurs, avaient jeté sur elles un voile d’oubli dans les mémoires.

Ren_e_de_France_par_Jean_Clouet_____Mus_e_Cond____Chantilly

Renée de France, dame de Montargis, duchesse de Chartres, comtesse de Gisors était la fille du Roi de France Louis XII (1462~1515) et d’Anne de Bretagne (1477~1514), et la sœur de Claude de France (1499~1524), reine de France par son mariage avec le futur François 1er. Elle épousa Hercule II d’Este (1508~1559), duc de Ferrare, de Modène et de Reggio. Elle fut la tante du roi Henri II et la grand-tante des trois derniers rois Valois.

Anna_dEste_FecampAnne d’Este, fille de Renée de France et d’Hercule II d’Este, était, par son père, la cousine germaine de Catherine de Médicis (1519~1589) et la petite cousine des trois derniers Valois. Elle devint duchesse d’Aumale, puis de Guise par son premier mariage avec Henri de Guise (1519~1563)  puis,  par son second mariage avec  Jacques de Savoie (1531~1585), elle devint duchesse de Nemours et de Genevois. Les enfants survivants de son premier mariage, Henri de Guise dit le Balafré (1549~1588), Catherine de Montpensier (1551~1596), le duc Charles de Mayenne (1554~1611) et Louis, d’abord archevêque de Reims puis cardinal de Guise  ont marqué l’histoire de France de leur empreinte.

 Voir : A l’époque des guerres de religion, les descendants d’Anne de Bretagne XVe et XVIe siècles (pdf)

http://colinecelia.canalblog.com/archives/2011/05/22/21199210.html

 Familles nobles impliquées dans les guerres de religion en France de François 1er à Henri IV

         http://colinecelia.canalblog.com/archives/2011/05/22/21199508.html

S’appuyant sur les archives et les écrits de l’époque, Huguette LELOUP-AUDIBERT analyse, avec un souci d’objectivité, sans romancer, le rôle qu’elles ont eu localement. Son étude de leurs biographies respectives remet en lumière leur importance, aussi bien locale que nationale. Ces deux femmes vivaient à l’époque charnière que fut la Renaissance, certes marquée d’humanisme éclairé, mais bouleversée par les luttes hégémoniques de Charles Quint, François 1er, la papauté catholique, l’inquisition contre les hérésies et l’avènement de la réforme protestante, sur fond de querelles de succession.

Intelligentes et cultivées, elles étaient toutes deux passionnées d’art et de littérature. L’une, Renée, était protestante. L’autre, Anne, était catholique. Bien que tolérantes l’une et l’autre, le fanatisme imposé par les stratégies de domination politico-religieuses et les conséquences dramatiques des guerres qui en découlaient, les contraignirent à s’affirmer l’une protestante protectrice des partisans de la Réforme en danger, l’autre catholique acharnée à la vengeance de son premier époux et de ses deux fils assassinés.

  Le quinzième chapitre de l’ouvrage concerne Montargis et son château.

Caves_du_Ch_teau_de_Montargis_2Caves_du_Ch_teau_de_Montargis_1En complément, l’architecte de Renée de  France, Jacques Androuet du Cerceau (Paris 1510~Annecy ou Genève 1585) fait l’objet d’une première partie traitée par Pierre BOURGON sur sa vie, ses travaux et sa mémoire et d’une seconde partie présentée par Michèle GAUDRY sur les jardins de la Collerette dont il fut le concepteur. Cette seconde partie nous éclaire sur ce qu’étaient les jardins de la Renaissance et intéressera particulièrement les amateurs de plantes anciennes et de l’histoire des jardins.

Reconstitution_du_jardin_de_la_Collerette_2011

En fin de livre, de nombreux documents sont donnés en annexe ainsi que la liste des sources et la bibliographie utilisées par les auteurs.

Le château de Renée de France sur la carte Cassini (XVIIIe s.)  Emplacement du château au milieu du XXe s, carte d’État-major Cliquez sur les cartes

pour accéder à leur emplacement sur géoportail.                                     

Emplacement_du_ch_teau_de_Montargis___Carte_CassiniCarte_d_Etat_major_du_ch_teau_de_Montargis

 

 

   L’AUTEURE :

Huguette LELOUP est une Montargoise d’adoption originaire du sud-est de la France. Professeur d’anglais, elle enseigna successivement dans le Loiret au collège du Chinchon, puis au lycée de Montargis, de 1961 à 1989 et jusqu’à ces dernières années à l’Université du Temps Libre de Montargis. Intéressée par l’histoire locale, elle a participé à l’élaboration de nombreux articles pour le bulletin de la Société d’Émulation de Montargis[1] qu’elle a rejoint  dès les années 1970 ainsi que pour le Bulletin des Amis du Vieux Montargis[2].

Elle a écrit : Pierre Louis Manuel  (1753~1793), Du pouvoir à l’échafaud (2006), (Éditions de l’Écluse) 

Biographie du docteur Gastellier (en collaboration avec Gaston LELOUP).

Les dernières Dames de Montargis  au temps de guerres de religion (2010) aux Éditions de l’Écluse.

http://www.editions-de-lecluse.com/-Le-catalogue-.html


Emplacement_qu_occupaient_le_ch_teau_et_les_jardins_de_la_Collerette___Montargis
Le château, de nos jours, est une école privée. Du château de Renée de France, seule la grosse tour subsite. Les jardins de la Collerette sont en voie de restauration, ainsi que les remparts qui donnent sur le centre de la ville. Cliquer sur la carte pour accéder à son emplacement sur géoportail.

Pour voir la vidéo sur l'histoire du château de Montargis par ColineCélia :
Cliquez ici
Voir le message de ColineCélia : Le château de Montargis (Loiret) FRANCE:
Cliquez ici

[1] La Société d'émulation de l'arrondissement de Montargis (Loiret), est une société savante qui à l'instar des autres sociétés d’émulation avait comme but de valoriser la culture locale et l'histoire locale et l'archéologie.

Cette société d'émulation fut fondée le 1er janvier 1853 par six notables montargois à l'initiative du sous-préfet baron de Girardot, du maire le docteur Ballot.

http://gatinais.histoire.pagesperso-orange.fr/histbsem.htm

 [2] L’association des Amis du Vieux Montargis (Loiret) a été créée en réaction aux démolitions massives commencées au cours des années 60. Elle a comme but la préservation et la défense du Patrimoine sous toutes ses formes.

Ce Patrimoine sauvegardé est accessible au public de diverses manières :

* Création de deux musées ouverts au public : le Musée des Tanneurs à Montargis et le Musée de La Pailleterie à Amilly (Loiret)
* Création de « Réserves » dans lesquelles sont stockées et inventoriées les objets rassemblés.
* Publication semestrielle d’un Bulletin qui offre ses colonnes à toutes les contributions.
* Création d’un « Fonds AVM » aux Archives Municipales.
* Edition de brochures.
* Conférences sur un aspect particulier de notre Patrimoine.

http://amis.du.vieux.montargis.pagesperso-orange.fr/


08 mai 2011

Rachid BOUDJEDRA (1941) - Biographie - Bibliographie

Rachid BOUDJEDRA  (1941) – Biographie Bibliographie [1]

         Rachid BOUDJEDRA, écrivain et poète algérien, est né en 1941 à Aïn Beida dans la Constantinois. Il est issu d’une famille bourgeoise. D’après Mokhbi ABDELOUAHAB[2], Rachid BOUDJEDRA serait l’aîné de trente-six enfants. Sa mère était la première épouse de son père, qui, tyrannique et féodal, était quatre fois polygame. Il a une sœur et un frère.

         Rachid BOUDJEDRA commence ses études à Constantine puis en Tunisie, à Tunis. En 1959, il prend le maquis où il sera blessé. Il voyage ensuite, comme représentant de FLN, dans  les pays de l’Est, puis en Espagne. Après l’Indépendance de l’Algérie, il rentre au pays et reprend des études de philosophie à Alger et à Paris. C’est un étudiant syndicaliste. Il obtient une licence de philosophie à la Sorbonne en 1965 et présente un mémoire sur CÉLINE.

        Il se marie avec une Française et se destine à l’enseignement  (Blida). Après la prise du pouvoir par Boumediene  en 1965, il quitte l’Algérie. Faisant l’objet d’une condamnation à mort par une fatwa, il est interdit de séjour en Algérie pendant plusieurs années. Il vivra d’abord en France de 1969 à 1972 où il sera professeur de philosophie au lycée de Coulommiers, puis il ira vivre au Maroc où il enseignera jusqu’en 1975.

       En 1977, il devient conseiller pour le ministère de l’Information et de la Culture. Il participe à la rubrique culturelle de la revue hebdomadaire Révolution africaine. Il est membre de la ligue des droits de l’homme.

         En 1981, il est nommé lecteur à la SNED et enseigne à IEP d’Alger.

         Il est condamné par une fatwa du FIS en avril 1983.

         Rachid BOUDJEDRA écrit indifféremment en langue arabe ou en langue française.

SON ŒUVRE :

Pour ne plus rêver, poèmes (1965) ; La Répudiation (1969) ; La Vie quotidienne en Algérie (1971) ; Naissance du cinéma algérien (1971) ; L’Insolation (1987) ; Journal palestinien (1972) ; L’Escargot entêté (1977) ; Topographie idéale pour une agression caractérisée (1975) ; Les 1001 Années de la nostalgie ; (1979) ; Le Vainqueur de coupe (1981) ; Extinction de voix, poèmes (1981) ; Le Démentellement (1982) ;La Macération(1984) ; Greffe (1985) ; La Pluie (1987) ;La Prise de Gibraltar (1987) ; Le Désordre des choses (1991) ; Fis de la haine (1992) ; Philippe Djian (1992) ; Timimoun (1994) ; Mines de rien, théâtre (1995) ; Lettres algériennes (1995) ; La Vie à l’endroit (1997) ; Fascination (2000) ; Le Directeur des promenades (2002 ; Cinq Fragments du désert 2001) ; Les Funérailles (2003) ; Peindre l’Orient (1996) ; Hôtel Saint Georges (2007)

Rachid BOUDJEDRA a également écrit des scénarios d’une dizaine de films. Chronique des années de braise (Mohamed Lakhdar-Hamina) a obtenu en 1975 la Palme d’or au Festival de Cannes ; Ali au pays des mirages Ahmed Rachedi) en 1980 a obtenu le Tanit d’or au Festival de Carthage.

 



[1] Biographie établie avec un document Wikipédia

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01 mai 2011

Rachid BOUDJEDRA (1941) - Fascination (2000)

Rachid BOUDJEDRA  (1941) - Fascination (2000)

           L’intrigue du livre est difficile à résumer. Elle tourne autour d’une prolifération de personnages affublés de prénoms de trois lettres contenant tous la lettre L, Ali, Ali Bis, Ila, Lil, Lol, Lam, Eli, Mol, Ela... Aucun n’a de nom patronymique. Le père de famille, Ila, militant indépendantiste, est propriétaire d’un haras internationalement renommé à Constantine. Il élève des chevaux de pure race arabe et voyage à travers le monde à la recherche d’étalons et de pouliches susceptibles de donner les meilleurs croisements. Fascination étant le fruit d’un de ces métissages.  Son mariage avec Lil étant stérile, Ila a adopté une kyrielle d’enfants, Ali, Ali Bis, Lol dont les parents biologiques ont été sauvagement massacrés par de riches colons, Lam, le plus jeune. Chaque prénom contient la lettre L comme dans Ali.

           Lam suit le même cursus que Rachid BOUDJEDRA dans sa jeunesse : naissance en 1941, études à Constantine puis à Tunis, Baccalauréat en 1959, engagement dans le maquis, blessure. Nous le suivons à Moscou, Pékin, Hanoï, Barcelone, Alger, Paris où il travaille pour le FLN. Lam souffre de ne pas connaître ses origines, d’avoir été amputé de son nom et est hanté par l’inceste qu’il a commis avec Lol.

          Lol est une femme excentrique au caractère terrible, au langage ordurier, homosexuelle, sans complexe quant à sa nuit d’amour avec son jeune frère Lam.  

          Ali et Ali Bis ont disparu, l’un avec la sacoche contenant la recette de la vente d’étalons en compagnie de sa maîtresse, l’autre le poursuivant. Tous deux ayant des destins parallèles à travers les péripéties de la Seconde Guerre Mondiale et des guerres coloniales, sans se retrouver pour autant.

          Le récit des aventures de ces différents personnages est noyé dans des extraits d’encyclopédies, de journaux, de récits de grands voyageurs (Marco Polo), d’historiens (Salluste, Ibn Khaldoun, Ibn Batouta), de rapprochements entre certains personnages d’Un Amour de Swann, de Marcel Proust, d’Ulysse de Joyce ou du Bruit et la Fureur de William Faulkner. Est-ce pour donner du poids à une intrigue sans tension ?

          L’histoire à la manière des contes orientaux est truffée de répétitions rappelant les caractéristiques d’une situation ou d’un personnage. Ce procédé ne réussit pas à donner du rythme au récit, ni à maintenir l’attention du lecteur en suspend, il finit même par lasser.

          L’auteur a une volonté certaine de casser les valeurs des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. La virilité : il imagine un père de famille stérile. La religion : il réduit la religion musulmane à une série de dogmes et de rituels mécaniques. Le sexe : Son héroïne, Lol est lesbienne et a eu une relation incestueuse avec son frère.

          Pour ce qui est de la politique, la colonisation française est évoquée de façon manichéenne et répétitives. La sauvagerie des assassinats et des combats, les viols ne viennent que d’un seul camp. Il n’est pas question de nier les horreurs et les erreurs de la conquête de l’Algérie, de son occupation puis de la guerre de décolonisation, mais les arguments avancés sentent le discours de propagande marxiste léniniste bien rôdé. De toutes les partenaires de Lol, l’auteur privilégie la femme d’un gros colon et l’épouse d’un haut fonctionnaire. De toutes les dames de la maison close de Bône, c’est une prostituée d’origine française qui incite Ali Bis à voler la sacoche bourré d’argent pour fuir avec elle. Où se trouve le vice ?

            Toutes ces transgressions peuvent séduire une jeunesse algérienne déçue et aigrie, réduite au chômage en dépit de ses diplômes dans un pays qui se cherche politiquement et économiquement. Mais quelle issue le conteur offre-t-il à l’errance de Lam  et à celle de ses frères et sœur ? Le père mort, chacun se range gentiment et travaille à la prospérité de l’affaire familiale. Tout est bien qui finit bien ! Est-ce exaltant pour un jeune qu’on a incité à tout secouer ?

Connaissant les goûts d’une grande partie des intellectuels français et du monde de l’édition, j’adopte volontiers la supposition de Mokhbi Abdelouahab [1]comme mienne «...est-il mu par l’obsession de plaire à ceux qui l’on fait figurer parmi les dix meilleurs écrivains du siècle ? ».

            J’avais choisi ce livre écrit par un Algérien dans l’espoir d’y trouver des réponses sur la société algérienne. Je n’ai trouvé qu’un pamphlet incitant à la haine et au rejet des valeurs traditionnelles sans apporter la moindre solution, dissimulé dans une intrigue singulière.

 

ColineCelia a lu aussi (La Vie à l’endroit) 1997 de Rachid BOUDJEDRA

http://colinecelia.canalblog.com/archives/2011/04/24/20967180.html



[1]Monologue avec Rachid Boudjedra

Ecrire pour qui et pourquoi ?

mardi 15 février 2005, par Mokhbi Abdelouahab

 http://www.e-litterature.net/publier2/spip/spip.php?article68

 

 

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24 avril 2011

Rachid BOUDJEDRA (1941) - La Vie à l’endroit (1997)

Rachid BOUDJEDRA (1941) - La Vie à l’endroit (1997)

 

     Le livre est sorti en librairie en 1997. Le personnage principal est Rac dont le nom peut être interprété comme un diminutif de Rachid. Tout comme Rachid BOUDJEDA, cet homme fait l’objet d’une fatwa lancée par les « Fous de Dieu ». De nombreux détails sont directement inspirés de la biographie de l’auteur : sa mère répudiée par un père tyrannique qui a eu quatre épouses, trente-six enfants, voyage beaucoup par le monde pour ses affaires et adresse des cartes postales de tous les endroits visités ; une grand-mère obèse autoritaire grande cuisinière ;un oncle veule réduit à sa merci ; les villes de Constantine, de Bône (Annaba) et d’Alger qu’il connaît bien, Le sujet de l’ouvrage porte sur trois dates dans trois lieux différents, le 26 mai 1995 à Alger, 26 juin 1995, à Constantine dans la maison familiale, le 26 juillet 1995, dans un hôtel de Bône. Rac, donc, est un homme condamné à une vie clandestine mouvementée car il n’a pas renoncé à lutter contre les intégristes. Sa compagne française, Flo, est infirmière dans un hôpital d’Alger. Menacé de mort, il est armé, possède une capsule de cyanure prête à être utilisée afin d’éviter de tomber vivant entre les mains de ses ennemis


     De sa planque, Rac assiste, puis se mêle, au délire joyeux des supporters du C.R. Belcourt qui vient de remporter la Coupe d’Algérie de football. La foule en liesse, dirigée par la mascotte du club, un nain fantasque et excentrique surnommé Yamaha, brave le couvre-feu de l’armée et les tabous intégristes. Tout à sa joie, le peuple en transes oublie, par une fête païenne, sa peur et transgresse tous les interdits. C’est un tournant pour le pays, les autorités débordées supprimeront le couvre-feu définitivement. Quelques jours plus tard, Yamaha sera abattu sauvagement par les intégristes.

     Rac, clandestin, est condamné à l’inexistence sociale et privée, à l’inexistence physique sous ses déguisements. Tel un insecte englué dans une toile d’araignée, Rac, obsédé par les meurtres rituels ou sadiques des intégristes et les tortures qu’ils infligent à leurs victimes, se débat entre  ce qu’il appelle « peur extérieure et peur intérieure ». Il tente de leur ériger un rempart de sa subjectivité. Photographe, il réactive son imaginaire en s’entourant de clichés représentant les victimes des horreurs intégristes. Ceux qu’il a réalisés de l’exécution de Yamaha y ont une bonne place. Certains ont été soustraits de la morgue par Flo. Il réveille aussi les démons du passé, afin de les vaincre.

     Flo, inquiète, voit l’homme qu’elle aime, partagé entre haine et compassion, entre terreur et sérénité, entre rejet et recherche d’une vie tranquille. Elle le voit s’enfoncer dans une folie meurtrière et hallucinatoire. La raison l’emportera-t-elle ? La vie finira-t-elle par revenir à l’endroit ?


     L’auteur nous expose les portraits manichéens, figés  et récurrents des personnages qui étayent la subjectivité de Rac/Rachid. Ses descriptions des lieux et des situations sont réalistes, sans concession, voire sordides. Il n’est pas indifférent à la nature, les arbres derrière les vitres, les jacarandas d’Alger, le bougainvillier de Constantine, le platane de Bône résistent au temps, aux évènements qui bouleversent le pays. Ils sont espoir de normalité et de paix dans leur vitalité exubérante.


     La Vie à l’endroit est un ouvrage qui dérange. Son intérêt est de rendre compte de la période de terreur qui a frappé l’Algérie du fait de la menace intégriste. Mais c’est aussi un roman provocateur et subversif. Il me semble que l’auteur ressasse sans fin ses traumatismes  et justifie ses engagements  comme dans une analyse qui peine à aboutir.

 

ColineCelia a lu aussi Fascination (2000) de Rachid BOUDJEDRA

http://colinecelia.canalblog.com/archives/2011/05/01/21026303.html

   

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