Théophile GAUTIER (1811~1872)

Le Roman de la Momie )1858) suivi de : Une Nuit de Cléopâtre (1838)

     Le Roman de la Momie est précédé d’une dédicace d'Ernest FEYDEAU[1] auprès de qui il a trouvé une abondante documentation sur les rites funéraires de l’ancienne Égypte. Ce fut d’abord un feuilleton qui parut dans « Le Moniteur » de mars à mai 1967 puis fut publié en volume, en 1868, bien avant que Théophile GAUTIER ne soit allé lui-même en Égypte.

     L’auteur expose dans le prologue les circonstances qui ont amené un jeune lord anglais,  riche et dilettante, à monter une expédition afin de découvrir une tombe inviolée dans la vallée des rois. Leur quête est vouée au succès. La momie, une jeune fille couverte de bijoux est parfaitement conservée. Un rouleau de papyrus manuscrit trouvé à côté de la jeune morte révèlera, après traduction, l’histoire de Tahoser, fille du grand prêtre d’Égypte.

      Le regard d’épervier de Pharaon a daigné s’abattre sur Tahoser, la fille du prêtre Pétamounoph. Seulement, voilà ! Tahoser s’est éprise d’un jeune Hébreux, Poëri, et celle-ci est prête à tous les stratagèmes pour déjouer la vigilance de son entourage et même à partager le sort misérable du peuple hébreu réduit en esclavage.

      L’histoire se déroule à l’époque de Moïse et de son frère Aaron et des fléaux qui se sont abattus sur l’Égypte, précédant l’errance dans le désert du peuple hébreu libéré, en route vers la Terre promise.

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     Théophile GAUTIER s’est sérieusement documenté pour écrire son roman. L’orientalisme est à la mode à l’époque. Il a le souci du vocabulaire exact et du détail précis. Ses descriptions sont si évocatrices que le lecteur, surtout s’il a déjà visité la Vallée des Rois, n’a aucun mal à découvrir la tombe de Tahoser à la suite de lord Evandale et de l’Égyptologue Rumphius,  conduits par l’entrepreneur de fouilles grec Argyropoulos.

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      Une Nuit de Cléopâtre est parue en feuilleton en 1838 et 1839 en six épisodes dans La Presse. Théophile GAUTIER exploite dans cette nouvelle, le mythe de Cléopâtre, reine d’Égypte aux multiples amants d’une nuit sacrifiés à l’aube.



[1] Ernest FEYDEAU (1821~1873), écrivain, lui-même, est le père de Georges FEYDEAU (1862~1921), le vaudevilliste.